Policier tué à Avignon : ce que l'on sait des circonstances du drame

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Police 1:26
Le brigadier ne portait pas son gilet pare-balles au moment du drame. Photo d'illustration. © AFP
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Le procureur d'Avignon a donné une conférence de presse lors de laquelle il a fait le point sur l'enquête concernant le meurtre du brigadier Eric M., abattu mercredi soir dans la cité des Papes. Le policier venait de terminer une opération lorsqu'il a été appelé sur un point de deal de la ville.

L'enquête sur le meurtre d'un policier à Avignon mercredi soir se poursuit. Le brigadier Eric M. a été abattu alors qu'il intervenait pour un échange de stupéfiants, alors que Gérald Darmanin a salué un "soldat mort en héros". Jeudi, le procureur d'Avignon a donné quelques précisions sur les circonstances du drame : ainsi, c'est en revenant d'une opération qu'il a été remobilisé pour arrêter un autre échange de drogue. Il s'est rendu sur place en civil et sans protection. 

En civil et sans gilet pare-balles

Le brigadier ne portait en effet pas son gilet pare-balles au moment des faits. Il revenait avec ses collègues d'une opération antidrogue à Carpentras, une ville voisine de la cité des Papes. La mission était terminée, il avait donc enlevé sa protection balistique. C'est en rentrant à Avignon qu'il a été appelé pour intervenir suite à un signalement de riverains se plaignant de troubles autour d'un point de deal connu de la ville, dans la rue des Teinturiers.

Les forces de l'ordre ont alors constaté que la rue était "parfaitement calme et que leur intervention était sans objet", a expliqué Philippe Guémas, le procureur d'Avignon, lors d'une conférence de presse, jeudi après-midi. La brigade décide alors de procéder à de la surveillance. Eric M., en civil, a d'abord repéré une cliente, une acheteuse que les policiers ont contrôlée. Les dealers s'en sont alors mêlé. 

La cliente en garde à vue

"Deux individus se sont avancés en direction des deux policiers et l'un d'entre eux, qui portait une sacoche en bandoulière, leur aurait demandé ce qu'il faisait là", relate le procureur. Éric M. aurait alors "décliné sa qualité de policier", brassard à la main. L'individu à la sacoche se serait alors emparé "immédiatement d'une arme de poing" et aurait fait "feu sur lui à deux reprises, l'atteignant au thorax et à l'abdomen".

Le meurtrier s'est enfui sur une trottinette et est toujours introuvable. Des dizaines d'enquêteurs de la police judiciaire sont à sa recherche. En attendant, "la femme toxicomane que le brigadier venait de contrôler" a été interpellée. Elle est en garde à vue et est considérée comme un témoin important pour retrouver le suspect. "Son audition est toujours en cours", a précisé Philippe Guémas jeudi après-midi alors que l'émoi monte dans la profession. 

Une marche citoyenne organisée le 19 mai 

"Une marche" des policiers aura lieu à Paris le 19 mai suite à cette nouvelle perte dans la police. L'ensemble des syndicats de police ont appelé jeudi à une "marche citoyenne", après un hommage dimanche à Avignon à leur collègue tué. Ils ont également décidé de suspendre leur participation le 17 mai au "Beauvau de la sécurité".

Dans une démarche peu fréquente, l'ensemble des organisations syndicales, allant d'Alliance à Unité SGP Police, aux syndicats des commissaires et des officiers, à ceux des personnels administratifs en passant par ceux de la police scientifique et technique, ont décidé de ces actions communes lors d'une visioconférence jeudi après-midi, ont expliqué à l'AFP plusieurs participants.

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Guilhem Dedoyard, avec AFP