"Police de sécurité du quotidien", "quartiers de reconquête républicaine" : de quoi parle-t-on ?

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Une quinzaine de quartiers vont être dotés d'effectifs policier supplémentaires d'ici la fin de l'année (photo d'illustration).
Une quinzaine de quartiers vont être dotés d'effectifs policier supplémentaires d'ici la fin de l'année (photo d'illustration). © GERARD JULIEN / AFP
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LEXIQUE - Alors que les premiers effectifs supplémentaires voulus par Gérard Collomb prennent leurs fonctions cette semaine, Europe 1 fait le point sur les différents dispositifs initiés par le gouvernement en termes de police de proximité.

Les sigles peuvent dérouter, mais se rapportent tous à la même idée : celle d'une police plus proche de la population, promise par Emmanuel Macron. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb inaugure mardi des "quartiers de reconquête républicaine" (QRR), mesure-phare de sa police de sécurité du quotidien (PSQ), qui doit doter des quartiers difficiles d'effectifs et de moyens supplémentaires… À quoi correspondent précisément les différents termes employés en la matière ? Europe 1 fait le point.

Plus question de "police de proximité" à proprement parler

Premier constat : les effectifs déployés ont définitivement changé de nom. Exit la "police de proximité", créée sous le gouvernement de Lionel Jospin pour donner "la priorité à la sécurité quotidienne des Français", et qui reste associée à un constat d'échec. Celle-ci avait en effet été largement critiquée par la droite, doutant de son efficacité, puis définitivement supprimée par Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, en 2003. Quinze ans plus tard, le projet défendu par Gérard Collomb est pour l'instant plus ciblé, pour des objectifs à peu près équivalents.  

Une "police de sécurité du quotidien"

Il est désormais question de police de sécurité du quotidien (PSQ). Plus de 70.000 policiers et gendarmes ont répondu à des questionnaires pour élaborer ce nouveau dispositif, aux contours encore flous. Selon une interview accordée par Gérard Collomb au Monde en février, il s'agit d'abord d'une "méthode de travail" et d'un "nouvel état d'esprit", moins axé sur la politique du chiffre et plus proche de la population. Le ministre de l'Intérieur a notamment proposé que les Français évaluent directement leurs policiers "au travers d'enquêtes de satisfaction".

Des "quartiers de reconquête républicaine"

Toujours selon Gérard Collomb, la PSQ doit être déployée selon une approche "sectorisée". C'est là qu'interviennent les quartiers de reconquête républicaine (QRR) officiellement lancés mardi. Ceux-ci doivent être mis en place en deux phases : 300 fonctionnaires vont être déployés dans une quinzaine de quartiers sensibles d'ici la fin de l'année, notamment à Sarcelles, Champigny-sur-Marne, ou encore Marseille, puis 300 supplémentaires vers quinze autres sites avant juin 2019. D'ici la fin du quinquennat, une soixantaine de quartiers au total devraient être concernés par le dispositif.

Concrètement, chaque QRR verra arriver 15 à 30 renforts nets, avec notamment pour objectif de lutter contre les trafics. Chaque département accueillant un QRR sera pour cela également doté d'une cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS), pour permettre un "décloisonnement" du renseignement criminel.

Des "départements mieux accompagnés"

Et en zone gendarmerie ? Aucun sigle à signaler, mais des "départements mieux accompagnés", au nombre de vingt, qui bénéficieront de 500 renforts selon Gérard Collomb. Sont notamment concernés le Finistère, la Haute-Garonne, l'Oise, mais aussi des départements d'Outre-mer comme la Guyane ou Mayotte.