PMA : la députée Agnès Thill déclenche un tollé au sein du groupe LREM avec ses propos sur "l'éclosion d'écoles coraniques"

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L'"absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci", a écrit la députée et ancienne directrice d'école Agnès Thill. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Agnès Thill, élue LREM de l'Oise, a déjà été mise en garde à plusieurs reprise par son parti pour certaines de ses prises de positions publiques.

La députée LREM Agnès Thill, opposée à l'extension de la PMA, a estimé jeudi que "l'absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques". De tels propos ont été condamnés sans détour par des élus de son groupe.

"Multiplication des parents". L'élue de l'Oise, mise en garde à plusieurs reprise par LREM pour certaines de ses prises de positions publiques, a jugé que le rapport de la mission de l'Assemblée nationale sur la bioéthique franchissait une "ligne rouge" dans certaines de ses recommandations. Dans une lettre adressée à ses collègues du groupe majoritaire, elle estime notamment qu'accepter dans la future révision de la loi le "parent d'intention" - le parent n'ayant pas de lien biologique avec l'enfant - "permet la multiplication des parents" et que le mot parent "n'a alors plus aucun sens".

"Un monde parallèle dans la République". "Il en découle politiquement, que cette absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci", écrit l'ancienne directrice d'école. "Nos amis musulmans, que nous savons opposés à cet éloignement progressif des concepts de père-mère, homme-femme (...) ne vont point dans la rue, ni dans les urnes, pour exprimer leur conception. Mais ils vivent en créant un monde parallèle dans la République, où les choses sont comme ils veulent (...) Il n'y a pas, chez nos amis musulmans, de parent 1 et de parent 2", ajoute Agnès Thill, qui cite dans sa lettre parmi les experts à s'être prononcés sur l'extension de la PMA, "juristes", "scientifiques", "associations" mais aussi "francs-maçons".

"Un tapis de sottise", dénonce une députée LREM. "Marre qu'une députée @LaREM puisse prononcer des propos homophobes et islamophobes aussi librement... Le courrier reçu par mes collègues et moi-même est un tapis de sottises qui stigmatise inutilement deux minorités. En France, il n'y a pas de 'parallèle' à la République", a réagi sur Twitter Laurence Vanceunebrock-Mialon (LREM).

 

"Stop. Homophobie, islamophobie (...) @AgnesThill doit, sans plus attendre, etre exclue de @LaREM", a tweeté à son tour Aurélien Taché (LREM). "Qu'elle cesse de salir notre groupe", s'est de son côté insurgé le député Guillaume Chiche (LREM)

Thill rejette les accusations d'homophobie. LREM avait, en novembre, mis une "dernière" fois en garde Agnès Thill "contre les excès" de ses "prises de position publiques", après des propos concernant un supposé "lobby LGBT à l'Assemblée nationale". L'élue de l'Oise avait ensuite dit assumer ses critiques sur l'extension de la PMA récusant toute "homophobie", ce qu'elle de nouveau fait jeudi sur Twitter. "Aucun propos homophobes ni islamophobe dans ma contribution", a-t-elle répondu à Laurence Vanceunebrock-Mialon.

Vers des changements majeurs sur la PMA ? Rédigé par le député LREM Jean-Louis Touraine, le rapport de la mission sur la bioéthique, qui vise à préparer le débat législatif, a proposé des changements majeurs en matière de bioéthique. Parmi eux, l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules et l'autorisation de la PMA post-mortem (la conjointe d'un homme décédé aurait le droit de se faire inséminer avec son sperme, congelé avant son décès).