Patrice, blessé par un tir de lanceur de balles de défense : "Je perds mon œil et mon métier"

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Patrice, "gilet jaune", a perdu un œil le 8 décembre dernier à Paris sur les Champs-Elysées. Comme plusieurs dizaines de manifestants depuis le début du mouvement, il a été victime d'un tir de LBD. Il témoigne sur Europe 1.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

"Je suis chauffeur routier. Enfin j'étais…" Le 8 décembre dernier, Patrice, 49 ans, originaire de Lons, près de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, participe à la manifestation des "gilets jaunes" sur les Champs-Elysées, à Paris. Mais alors qu'il s'avance en direction des gendarmes mobiles pour quitter la manifestation, "sans agressivité ou quoi que ce soit", jure-t-il au micro d'Europe 1 jeudi matin, sa vie va basculer.

Comment fonctionne un lanceur de balles de défense ?

"Je suis clairement borgne". "Je vois le gendarme mobile qui me vise, mais je pense que ce n'est pas pour moi. Je me dis que je suis trop près, ce n'est pas possible. Et alors que je suis à 5-6 mètres d'eux, je prends un tir de flashball dans l'œil droit", raconte Patrice. Selon différents comptages de journalistes et de militants, le conducteur de poids lourds fait partie des 94 blessés graves, dont 69 par des tirs de LBD (lanceur de balles de défense), recensés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes".

"Je ne verrai plus de cet œil, je suis clairement borgne. Pour le coup, je perds mon œil et mon métier", se désole aujourd'hui Patrice. 

Un choc "d'une extrême violence". Mercredi, le patron de la police nationale, Eric Morvan, a rappelé à ses troupes les conditions d'utilisation du "lanceur de balles de défense" : uniquement en cas de violences, à distance, et sans jamais viser la tête. C'est pourtant bien ce qu'a subi Patrice, qui assure : "Un tir tendu, c'est un tir tendu. C'est un tir volontaire dans la tête. Le choc a été d'une extrême violence."

>> De 5h à 7h, c'est "Debout les copains" avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

"Leur enlever ces armes qui mutilent". Aujourd'hui, et alors que l'usage des LBD est sous le feu des critiques, Patrice entend mener une bataille pour que cette arme ne soit plus utilisée. "S'il faut, je vais engager un long combat contre l'Etat. Je ne veux même pas rechercher le gendarme responsable. En revanche, mon combat va être de leur enlever ces armes qui sont véritablement dangereuses, qui éborgnent, qui mutilent. Ils sont en flippe total, et le premier 'gilet jaune' qui s'avance vers eux… Bang."

Pour rappel, cela fait près d'un an que le Défenseur des Droits demande l'interdiction de l'usage du LBD 40 par les forces de l'ordre.