Rues renommées avec des figures immigrées : "Regardons notre histoire !", appelle Blanchard

  • A
  • A
Pascal Blanchard 2:44
Pascal Blanchard avec 18 autres chercheurs a identifié 318 noms issus de l'immigration pour renommer des rues et des bâtiments publics. © Europe 1
Partagez sur :
Invité mercredi soir d'Europe 1, Pascal Blanchard, historien et entrepreneur, est revenue sur sa mission d’identifier des nouvelles figures de notre histoire, pour renommer des rues et des bâtiments publics. Une mission symbolique, qui rencontre du "succès" auprès des maires, selon lui.
INTERVIEW

Nommé par Emmanuel Macron pour identifier des figures de l’histoire issues de l’immigration, fin 2020, Pascal Blanchard, avec 18 autres chercheurs, a présenté une liste de 318 noms en mars 2021. Sur la liste figurent des acteurs comme Lino Ventura, des tirailleurs sénégalais comme Bakary Diallo ou encore des femmes, telle que l’avocate et militante féministe Gisèle Halimi ou la femme politique Françoise Giroud. Une liste symbolique que les maires de France ont accueillie avec beaucoup d'intérêt, selon le spécialiste, invité d'Europe 1, mercredi soir.

"L’écho a été extrêmement bon. Beaucoup de maires nous ont appelé pour réaliser des inaugurations (…) qui auront lieu dès le mois de juin ou juillet" explique l’historien, spécialiste de l’immigration et de la colonisation, au micro de Julian Bugier. "Il y a beaucoup de demandes aussi pour les bâtiments publics, ce qui nous a surpris" ajoute-t-il. "C’est à la fois un succès pour le court terme avec l’impact que ça a produit, mais aussi de manière très concrète sur les maires, qui vont débattre de la question sur leurs territoires" se réjouit Pascal Blanchard.

"On a besoin d’être reconnus"

Un impact essentiel pour l’historien, que doivent saisir les maires : "Au lieu d’aller chercher des noms à l’étranger, regardons notre histoire ! Ils ont défendu la France. Ils ont aimé la France. ils ont chanté, écrit la France. Piochez des noms qui ramènent à notre histoire dans nos frontières", souligne-t-il. Pascal Blanchard souhaite ainsi que les communes choisissent une histoire plus proche des Français, celle qui reste encore méconnue du grand public.

" Quand on se regarde dans un miroir, on a envie de voir une part de soi pour être légitime "

La démarche a été critiquée, notamment par l’opposition. "Emmanuel Macron joue le jeu des décoloniaux qui ne seront jamais rassasiés des repentances de la France", tweetait le 15 mars dernier Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat.

Pourtant, Pascal Blanchard estime que c’est un moment important de notre histoire commune : "Quand on se regarde dans un miroir, on a envie de voir une part de soi pour être légitime. Ça s’appelle la reconnaissance. Oui, on a besoin d’être reconnu dans un pays et que tout le pays reconnaisse ces gens qui ont contribué à notre histoire" explique-t-il, avant d'ajouter : "Ce n'est pas ça qui fera que les gens iront mieux. Mais, ça contribuera à faire que beaucoup se diront que ce pays est le leur."

Europe 1
Par Yanis Darras