Parcoursup : des élèves de lycées de banlieue moins bien classés que les Parisiens ?

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Le directeur de la faculté de chimie Paris-Diderot dénonce le quota appliqué aux étudiants venant de lycées situés en dehors de la capitale et qui postulent dans les facs parisiennes.

Les élèves des lycées de banlieue seraient défavorisés dans l'accès aux facs parisiennes, selon le directeur de la fac de chimie de l'université Paris-Diderot. Aujourd'hui, alors que les lycéens planchent encore sur les dernières épreuves du baccalauréat, il lance l'alerte car il constate que des candidats moyens issus de lycées de Paris intra-muros "doublent" d'excellents élèves de banlieue dans les classements de Parcoursup.

Des étudiants médiocres mieux classés. Au départ, les 3.000 candidatures avaient été classées en fonction des notes et des lettres de motivation. Mais le rectorat a appliqué un quota de 3% pour les étudiants venus de lycées en dehors de Paris. Résultat : les élèves parisiens ont eu la priorité et se sont retrouvés en haut du classement. "On se retrouve avec de futurs étudiants qui ont des moyennes qui peuvent être assez médiocres, entre 8 et 10, classés devant des étudiants avec des moyennes de 15 à 17", déplore Rémi Losno, directeur de la fac de chimie. Autrement dit, les meilleurs d'Île-de-France ne sont pas en haut du classement de cette fac parisienne.

 

Que les facs parisiennes "s'occupent des étudiants parisiens". Mais pour François Germinet, président d'une université de Cergy-Pontoise, située elle-même en banlieue, ce raisonnement est tout bonnement insensé. "Ça veut dire que des étudiants de Paris qui auraient des dossiers moyens devraient aller en banlieue. Aujourd'hui, ce dont se plaint Rémi Losno, c'est qu'il est obligé de prendre des dossiers d'étudiants parisiens moyens, alors qu'il y a des bons dossiers de banlieue. Il faut quand même que les universités parisiennes s'occupent des étudiants parisiens", plaide François Germinet.

Pour le président de l'université de Cergy-Pontoise, "il n'y a pas de raison de faire croire à la France entière qu'il faut absolument être dans une fac de Paris intra-muros pour réussir sa vie".