Nouvelles mesures anti-casseurs : "Il faut redonner confiance aux forces de l'ordre sur le terrain"

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Entre les interdictions de manifester dans certains quartiers des villes les plus touchées et la réorganisation des forces de l'ordre sur le terrain, David Le Bars, secrétaire général du SCPN, estime que ces mesures redonneront confiance aux policiers et gendarmes qui encadrent les "gilets jaunes".  
INTERVIEW

Le président Macron a choisi la fermeté pour répondre aux violences qui se sont déroulées lors de l'"acte 18" des "gilets jaunes" samedi. Le gouvernement a annoncé lundi plusieurs mesures, dont l'interdiction des manifestations dans plusieurs quartiers de Paris, Bordeaux et Toulouse, une plus grande autonomie des forces de l'ordre sur le terrain, une amende plus élevée pour les casseurs et de nouveaux moyens pour les forces de l'ordre. Des mesures qui vont dans le bon sens pour David Le Bars, secrétaire général du SCPN (Syndicat des Commissaires de la Police nationale), invité de Nikos Aliagas mardi.

Un constat d'échec. "Quand on voit le bilan de samedi dernier, on peut considérer que c'est un échec", reconnaît David Le Bars avant de désigner comme responsables "les casseurs, tous ceux qui ont cautionné ou qui se sont rendus complices" des dégradations. "C'est un véritable désastre pour la plus belle avenue du monde. Mais il faut aussi voir que le service d'ordre n'a pas bien fonctionné parce qu'on n'a pas pu empêcher cela."

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Donner plus d'autonomie aux forces sur le terrain. C'est pourquoi il salue la nouvelle organisation des forces de l'ordre qui seront plus mobiles sur le terrain. La chaîne de hiérarchique classique qui jusqu'à présent pouvait mettre en danger les policiers à cause des délais de remontée d'informations, selon David Le Bars, sera assouplie. "Cela permettra aux forces de l'ordre d'avoir une réactivité qui paraît essentielle face aux nouvelles menaces constituées par des groupuscules extrêmement violents qui agissent avec une détermination incroyable. Il ne faut pas déposséder le chef du dispositif mais redonner confiance aux policiers et aux gendarmes sur le terrain", précise le Secrétaire Général du SCPN. 

Des interdictions de manifester qui permettront des interpellations. Quant à l'interdiction de manifester dans certains quartiers de Paris, Bordeaux et Toulouse, David Le Bars explique qu'il ne s'agit pas "d'interdire les manifestations, cela n'aurait aucun effet avec les 'gilets jaunes'. L'intérêt est que si un préfet (de police) prend un arrêté d'interdiction pour un périmètre donné, il ne faudra pas y mettre de forces de l'ordre pour le sanctuariser - ce qui évitera de consommer des effectifs sans que ce soit utile. En revanche, si des personnes en gilet jaune ou en tenue de casseur se présentent sur un périmètre interdit, les forces de l'ordre pourront s'y rendre et procéder à des interpellations. C'est une des mesures qui permet de progresser", estime-t-il.

Pour une meilleure collaboration entre police et justice. Dans une perspective judiciaire plus large, David Le Bars plaide pour une meilleure connaissance mutuelle entre les magistrats et les policiers de terrain. "Les policiers ont souvent l'impression que la justice n'est pas assez sévère avec les personnes interpellées", confie le policier. "Je rappelle qu'on fait partie d'une chaîne pénale à fluidifier. J'aimerais qu'on mette plus de magistrats dans les services de police pour qu'ils se rendent compte de leur quotidien. Il faut aussi que les policiers se rendent aussi plus souvent auprès des magistrats pour voir ce qu'ils vivent. Et quand on apprendra tous à mieux se connaître, on obtiendra des résultats."

Europe 1
Par Marthe Ronteix