Notre-Dame-des-Landes : l'unité des zadistes se fissure

L'unité jusqu'alors affichée à Notre-Dame-des-Landes semble se fissurer devant l'échéance du gouvernement.
L'unité jusqu'alors affichée à Notre-Dame-des-Landes semble se fissurer devant l'échéance du gouvernement. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Mélanie Nunes, François Coulon et A.D , modifié à
Les zadistes les plus modérés seraient prêts à accepter les propositions du gouvernement. Les plus radicaux appellent en revanche à un grand rassemblement.
REPORTAGE

Après dix jours de tensions et d’affrontements dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes entre les occupants et le gouvernement, le contact a été rétabli mercredi à la préfecture de Nantes. Les zadistes ont jusqu’au lundi 23 avril pour régulariser leur situation individuellement avant que les menaces d'évacuations soient mises à exécution. Très tard dans la soirée, mercredi, une grande assemblée des occupants s’est tenue sur le site de NDDL, laissant apercevoir quelques fissures dans l'unité des zadistes.

"Il y aura des dossiers". L'assemblée a tourné à la foire d'empoigne. Deux camps semblent en effet se dessiner. D'un côté, les plus modérés, les historiques pacifistes, ceux qui ont rencontré Nicolas Hulot et la préfète des Pays-de-la-Loire, Nicole Klein, ceux qui en sortant de cette réunion n'étaient pas franchement à l'aise. Car certains pourraient accepter l'offre du gouvernement et inscrire des prête-noms sur les formulaires distribués. Il en faudrait vingt-cinq pour couvrir le territoire de la ZAD, ce qui leur permettrait d'héberger tous ceux qui veulent rester. A l'issue de la réunion, Nicole Klein se montrait d'ailleurs très confiante : "Il y aura des dossiers", assurait-elle.

La division, stratégie du gouvernement. Mais d'un autre côté, beaucoup ne veulent pas signer. Les plus radicaux estiment qu'ils se sont jetés dans la gueule du loup en acceptant cette rencontre. "Nicolas Hulot a réitéré les positions que la préfète tenait, donc ça veut dire que sa venue n'était absolument pas nécessaire, on avait compris le message une première fois. Ce n'est pas une main tendue, c'est le refus de considérer l'ensemble de ce qui a été bâti pendant dix années", analyse Camille, un porte-parole des Zadistes.

Ce dernier reconnaît que le rapport de force n'est pas en sa faveur. Pour gagner cette bataille, dit-il, il faut faire venir du monde dans la ZAD et appelle à un grand rassemblement ce week-end.

Hulot déçu. De son côté, le ministre de l'Ecologie a lui aussi exprimé sa déception à l'issue de la réunion de mercredi au micro d'Europe 1 : "Nous avons un sentiment de tristesse, de gâchis que j'espère provisoire, d'une situation qui ne devrait pas prendre cette tournure. Il faut peut-être s'interroger sur le fait de savoir, si à un moment ou un autre, il ne faut pas cesser un combat que l'on pense avoir gagné", a-t-il dit à l'adresse des plus radicaux. "Ne ratons pas la dernière étape. Ne rentrons pas dans une spirale de posture, de confrontation et de violence. Ne confondons pas écologie et anarchie. On risque simplement, pour peut-être quelques exigences de trop, d'achopper au dernier moment. N'ayez pas mené tout cela pour cela. Si je ne craignais pas que tout cela dérape, je ne serais pas ici", a-t-il conclu.