Mort de deux lycéens dans une avalanche : un enseignant condamné à un an de prison ferme

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Deux lycéens de 16 ans et un Ukrainien de 46 ans avaient été retrouvés morts.
Deux lycéens de 16 ans et un Ukrainien de 46 ans avaient été retrouvés morts. © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
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L'enseignant qui avait conduit un groupe d'élèves sur une piste noire fermée en Isère en 2016, dont deux d'entre eux avaient péri dans une avalanche, a été reconnu coupable d'"homicides involontaires". 

Il était poursuivi devant le tribunal correctionnel après la mort en janvier 2016 dans une avalanche de deux lycéens qu'il encadrait lors d'une sortie de ski en Isère : un enseignant a été condamné mardi à Grenoble à deux ans de prison, dont un avec sursis. Reconnu coupable d'"homicides involontaires", Michel A., 50 ans, a également écopé d'une interdiction d'exercer son métier de professeur d'éducation physique et sportive (EPS) pendant trois ans et à verser des dommages et intérêts aux familles des victimes.

Il emprunte une piste noire fermée avec ses élèves. Le tribunal n'a suivi qu'en partie les réquisitions du procureur, qui avait réclamé "une interdiction définitive d'enseigner" à l'encontre du professeur de sport, accusé d'avoir emprunté une piste noire fermée de la station des Deux Alpes avec un groupe d'élèves, malgré un dispositif de dissuasion. "Le tribunal a fait une appréciation juste de la situation. Mais la famille de Thelma souhaitait que l'interdiction d'exercer soit totale. C'est la seule réserve que j'émets devant ce jugement", a indiqué Me Eymeric Molin, l'avocat de l'une des parties civiles.

Ce 13 janvier 2016, deux lycéens de 16 ans et un Ukrainien de 46 ans avaient été retrouvés morts dans une coulée qui avait été déclenchée plus haut par des randonneurs sur un secteur hors piste de la station. L'avalanche, qui avait progressé sur une piste noire fermée et dont l'accès était encadré d'une signalétique dissuasive en plusieurs langues, avait également enseveli deux autres skieurs, dont l'enseignant.

Sous médication après une dépression. Lors de l'audience, le 23 octobre, ce dernier avait expliqué qu'il venait de reprendre le travail après une grave dépression et que son maintien sous médication l'avait "probablement empêché" de juger correctement du danger de la piste noire sur laquelle le groupe s'est engagé. "Il ne se passe pas un jour sans que je pense à Léo, à Thelma et à leurs parents : il n'y a rien de pire que de perdre un enfant (...) Je ne peux que demander pardon", avait-il déclaré à la barre. De son côté, le procureur avait appuyé les plaidoiries des avocats des familles des victimes qui, citant un rapport d'expert, avaient rappelé que le traitement pris par l'enseignant "était tout à fait toléré, avec peu d'effets secondaires, dont aucun effet sédatif".