Monsanto aurait secrètement fiché des personnalités en fonction de leur position sur le glyphosate

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Le géant Monsanto est épinglé par une enquête de France 2.
Le géant Monsanto est épinglé par une enquête de France 2. © JULIETTE MICHEL / AFP
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France 2 révèle jeudi soir que la firme agrochimique aurait secrètement fiché des centaines de personnalités par rapport à leur position sur les pesticides, et notamment le glyphosate.

Journalistes, politiques et scientifiques : le groupe américain Monsanto aurait secrètement fiché "des centaines de personnalités" en France en fonction de leur position sur les pesticides, notamment le glyphosate, utilisant parfois des informations privées. C'est ce qu'a révélé France 2 dans une enquête diffusée jeudi.

Des fichiers "confidentiels" reçus par France 2

La chaîne de télévision affirme avoir reçu des fichiers informatiques "confidentiels" portant la signature d'agences de communication travaillant pour le groupe Monsanto, filiale depuis l'an dernier du géant allemand de la chimie Bayer. Désherbant le plus utilisé au monde, le glyphosate est classé "cancérigène probable" depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est commercialisé sous diverses marques, notamment le Roundup. 

Dans un premier document datant de 2016, une cartographie portant le logo de Monsanto et du géant français de la publicité Publicis classe les principaux acteurs du débat sur les pesticides en France en fonction de leur degré d'influence, affirme l'enquête. 

Des "alliés" et des personnalités "à surveiller"

Selon le PDG de Publicis Consultants, ces informations ont été récoltées "uniquement sur la base de données publiques", rapporte France 2. Mais une deuxième agence de communication, Fleishman Hillard "aurait quant à elle utilisé en 2016 un autre fichier", rassemblant notamment les adresses privées ou encore les numéros de téléphone sur liste rouge de 200 personnalités.

Ces dernières ont été "évaluées sur plusieurs thématiques, des OGM aux pesticides avec des notes de 0 à 5 en fonction de la crédibilité, l'influence et le degré de soutien à Monsanto", affirme le reportage. Dans un autre document, un tableau cible 74 "cibles prioritaires" divisées en quatre groupes : les "alliés", les "potentiels alliés à recruter", les personnalités "à éduquer" et celles "à surveiller".