Mobilisation en baisse, marche contre les violences policières : ce qu'il faut retenir de "l'acte 12" des "gilets jaunes"

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Samedi, pour "l'acte 12" du mouvement des "gilets jaunes", la mobilisation était en hausse à Paris.
Samedi, pour "l'acte 12" du mouvement des "gilets jaunes", la mobilisation était en hausse à Paris. © FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Plus de 58.000 personnes ont défilé dans le pays samedi pour la douzième journée de mobilisation des "gilets jaunes", selon le ministère de l'Intérieur.

Un "acte 12" pour dénoncer les violences policières. Pour le douzième samedi consécutif, les "gilets jaunes" ont arpenté les rues de France pour réaffirmer leur opposition à la politique d'Emmanuel Macron, mais également dénoncer les violences policières, en pleine polémique sur l'usage par les forces de l'ordre des LBD. Si la mobilisation était en baisse sur l'ensemble du territoire, le cortège parisien était en revanche beaucoup plus garni que la semaine dernière, mais des heurts sont à nouveau venu ternir le rassemblement. Europe 1 fait le point sur ce nouveau chapitre de la mobilisation.

58.600 personnes dans toute la France, 10.500 à Paris 

Selon le ministère de l'Intérieur, 58.600 personnes ont défilé dans le pays samedi. Un chiffre en nette baisse, puisqu'elles étaient 69.000 la semaine dernière à se mobiliser. En revanche, la mobilisation parisienne est repartie à la hausse, 10.500 personnes se pressant dans les rues de la capitale selon la Préfecture de police, contre 4.000 lors de l'acte 11. Selon le cabinet Occurence, le chiffre de Paris monte à 13.800 personnes. 

À Paris, une "marche des blessés", des heurts à République 

Une "grande marche des blessés" s'est donc élancée vers midi à Paris. Parties du XIIe arrondissement, plusieurs milliers de personnes ont d'abord rallié dans le calme la place de la République derrière des banderoles réclamant "l'interdiction" des grenades et des LBD. Parmi les manifestants, le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues, gravement touché à l'oeil samedi dernier et acclamé à chacune de ses apparitions dans le cortège. Plusieurs dizaines de manifestants s'étaient parés pour l'occasion de faux pansements et de bandages tâchés de faux sang par solidarité avec les "victimes des violences policières".

Les premiers incidents ont éclaté en fin d'après-midi aux abords de la place de la République. Pour maintenir à distance des manifestants qui leur lançaient des projectiles, les forces de l'ordre ont commencé à faire usage de lacrymogènes et de canons à eau. 

Les affrontements se sont poursuivis au même endroit, et du matériel urbain a été incendié. Au total, 33 manifestants ont été interpellés dans la capitale, et 21 personnes sont en garde à vue, selon la Préfecture. L'un d'eux a été évacué par les pompiers après avoir été atteint au visage par un tir de LBD, a constaté un journaliste de l'AFP. Le président du syndicat lycéen UNL, Louis Boyard, a également affirmé sur Twitter avoir été victime d'un tir de LBD au pied.

Un rassemblement record à Valence 

L'autre point fort de la mobilisation se situait à Valence, dans la Drôme, où se déroulait une "marche régionale". Réussie et globalement apaisée, la manifestation a rassemblé au total 5.400 marcheurs venus de tout le sud-est de la France, selon la Préfecture. Les manifestants se sont élancés vers 13h30 au sud du centre-ville, avant un face à face tendu avec les forces de l'ordre, qui ont répliqué à des jets de pierres par des grenades lacrymogènes. Toutefois, la situation s'est rapidement apaisée. Quatre blessés légers sont tout de même à compter parmi les forces de l'ordre.

Selon la préfecture, 18 personnes y ont été interpellées et "une centaine d'armes blanches ou par destination" avaient été saisies.

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Crédit photo : ministère de l'Intérieur. 

Mobilisation en baisse en régions, des heurts à Bordeaux, Toulouse, ou encore Strasbourg 

Des heurts ont également eu lieu dans plusieurs rassemblements en régions. Dix-sept personnes ont ainsi été interpellées à Bordeaux, après des incidents en fin de manifestation. Les forces de l'ordre ont notamment fait usage de LBD après avoir été visées par toute sortes de projectiles. La mobilisation était par ailleurs moins importante que samedi dernier, mais au moins 4.000 personnes étaient présentes, selon une estimation de l'AFP. 

À Nantes, deux policier ont été blessés, tandis qu'un autre a été touché à Morlaix, dans le Finistère, où quatre personnes ont été interpellées. Des échauffourées ont aussi éclaté à Strasbourg et Nancy, et 31 personnes ont été interpellées au total dans ces deux villes, ont indiqué des sources préfectorales. Dans la capitale européenne, "entre 1.300 (...) au plus fort" et 8.000 personnes, selon la préfecture et un responsable communication des "gilets jaunes", ont participé à une manifestation qui n'avait pas été déclarée. Les forces de l'ordre ont procédé à 19 interpellations, selon un communiqué de la préfecture, tandis que neuf membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessées. 

Des marches ont également eu lieu à Lille (1.400 personnes selon la police, 2.000 selon les organisateurs), Marseille (2.000 selon la police), Tours ou Lyon. À Toulouse, ils étaient plusieurs milliers à manifester, et en fin d'après-midi, la préfecture a fait part de "quelques incidents", "tags sur des devantures de magasin, tirs de mortiers et  jets de projectiles en direction des forces de l'ordre", recensant deux blessés et quatre interpellations. Par ailleurs, dans les Pyrénées-Orientales, des manifestants ont coupé la circulation dans les deux sens sur l'autoroute au niveau du Perthus, à la frontière entre la France et l'Espagne, a indiqué l'opérateur Vinci.

Europe 1
Par Antoine Terrel avec AFP