Migrants : nouvelle évacuation d'un campement dans le nord de Paris

Entre 900 et 1.800 migrants ont été recensés mercredi sur l'ensemble des campements parisiens.
Entre 900 et 1.800 migrants ont été recensés mercredi sur l'ensemble des campements parisiens. © AFP
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avec AFP
Jeudi matin, une opération d'évacuation de migrants a débuté porte de la Chapelle dans le nord de Paris.

Une opération d'évacuation de migrants vers des structures d'hébergement a débuté jeudi matin, dans un climat tendu, porte de la Chapelle dans le nord de Paris, dans un campement qui compte au moins 400 personnes. Ce campement, installé depuis des mois sous les bretelles de l'autoroute A1, abrite Soudanais, Érythréens et Afghans sous de petites tentes bulles posées à même le bitume, à quelques mètres des gaz d'échappement. 

"J'ai payé 10 euros pour avoir une tente et maintenant elle est détruite"

Selon le dernier décompte réalisé par France terre d'asile, ce campement compte 424 tentes. Plusieurs maraudes de mises à l'abri y ont déjà eu lieu pour orienter les migrants vers des structures d'hébergement. Mais certains se méfient de ces opérations, notamment les déboutés de l'asile et les dublinés (censés être renvoyés vers le pays européen compétent pour leur demande d'asile).

"On nous dit soyez prêts, les bus doivent venir mais il ne se passe rien. J'ai payé 10 euros pour avoir une tente et maintenant elle est détruite. La police nous tape, pourquoi ? C'est vraiment un problème", explique Sharif, un Afghan arrivé il y a quelques jours d'Allemagne. "Les gens vivent avec les rats, il y en a un millier ici c'est horrible. Il n'y a pas d'eau, pas d'électricité. Ce ne sont pas des conditions dignes d'un pays développé", déplore par ailleurs John, un Somalien.

"Un déni de réalité", de la part de l'Etat, déplore Anne Hidalgo

Mercredi, la maire de Paris Anne Hidalgo a dénoncé un "déni de réalité" de la part de l'État à propos de ces campements où règne selon elle "le chaos". Entre 900 et 1.800 migrants ont été recensés mercredi sur l'ensemble des campements parisiens, et la ville redoute une dégradation avec la fin de la trêve hivernale et l'arrivée de migrants plus nombreux au printemps. Pour dénoncer cette situation, plusieurs associations comptent suspendre leurs actions le 9 avril. Le préfet d’Île-de-France Michel Cadot avait déjà vivement riposté la semaine dernière en soulignant le "travail colossal" mené par l'État sur le sujet avec plus de 2.000 prises en charge depuis début 2019.