Migrants à Calais : pour le Secours catholique, "il y a un véritable déni" des autorités

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La majorité des migrants de Calais dort moins de quatre heures par nuit. 1:26
La majorité des migrants de Calais dort moins de quatre heures par nuit. © AFP
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Pour Vincent de Coninck, chargé de mission pour le Secours catholique du Pas-de-Calais, invité jeudi sur Europe 1, aucune politique n'est mise en place pour venir en aide aux migrants à Calais. "C'est le néant", déplore-t-il.
INTERVIEW

A Calais la situation est particulièrement tendue depuis plusieurs jours. En début de semaine, des bagarres violentes ont éclaté entre migrants. Le résultat d'un "épuisement", souligne jeudi sur Europe 1 Vincent de Coninck, chargé de mission pour le Secours catholique du Pas-de-Calais.

"Il y environ 700 exilés qui vivent à la rue, (450 selon les autorités) dont beaucoup de femmes et d'enfants. Ils vivent dans le plus grand dénuement. Ils n'ont rien. Ils dorment en moyenne moins de quatre heures par nuit, ils n'ont aucun lieu où se poser. Et plusieurs fois par semaine, leurs maigres effets personnels, des couvertures, des vêtements, sont emmenés par la police à la déchetterie", constate le chargé de mission. "On a des gens qui sont épuisés physiquement et psychologiquement. Cet épuisement conduit souvent à une désespérance et donc parfois à un embrasement de violence lié à la misère."

"La criminalisation des aidants". La situation est d'autant plus compliquée selon lui que les ONG ne peuvent pas toujours leur venir en aide. "Ce qui a vraiment changé ces derniers temps, c'est la criminalisation des aidants. On a une pression policière, que je n'avais jamais connu en huit ans. Notre quotidien c'est d'essayer d'aller vers ces exilés, de pouvoir les rencontrer sans que l'on soit entraver et se bagarrer pour que le minimum vital leur soit accessible".

Création de points d'eau. Pour autant, l'État, par la voix du préfet du Pas-de-Calais a assuré que la réponse apportée au problème des migrants de Calais était "équilibrée". La semaine dernière, les autorités ont commencé à se plier aux injonctions du Conseil d'État, qui, le 31 juillet, avait confirmé l'ordonnance du tribunal administratif de Lille exigeant notamment la création de points d'eau et de sanitaires. "Ils diront que le dispositif mis en place par les autorités, installer des points d'eau, est suffisant. C'est une rampe de 20 robinets dans la gadoue. Ils sont censés y boire, s'y laver. C'est complètement indigne", déplore Vincent de Coninck.

"La politique menée n'est toujours pas une politique d'accueil. Aujourd'hui il y a un véritable déni, c'est le néant", ajoute-t-il encore. "On espère que les autorités vont changer de logiciel pour que l'on puisse travailler à un accueil citoyen à Calais et ailleurs".