Calais : la majorité des migrants dort moins de quatre heures par nuit

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Des migrants dorment devant les locaux du Secours catholique, à Calais.
Des migrants dorment devant les locaux du Secours catholique, à Calais. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Une enquête publiée lundi par l'association L'Auberge des migrants témoigne des conditions de vie très précaires de la majorité des migrants de Calais.

La majorité des migrants de Calais dort moins de quatre heures par nuit, signe de l'extrême précarité de leurs conditions de vie, selon une enquête publiée par l'Auberge des migrants lundi. Cette association, l'une des plus importantes dans ce secteur et aidée par Help refugees, a profité de son traditionnel recensement sur les différents lieux de distribution de nourriture et de passage, les 16 et 17 août, pour enquêter auprès des quelque 600 migrants décomptés. L'État estime leur nombre à 450.

À la belle étoile, souvent sans couverture. Sur les 162 migrants qui ont répondu, 55% ont affirmé dormir moins de quatre heures par nuit. La moyenne se situe à trois heures et demie. Depuis le démantèlement de la "Jungle" en octobre-novembre 2016, les migrants dorment à la belle étoile, plus aucune nuit sous la tente n'étant tolérée par les autorités. Par ailleurs, 76% d'entre eux ont dénoncé une confiscation de leurs couvertures par la police ou des agents de nettoyage au cours des sept jours précédents.

Une moyenne d'âge de 21 ans. La moyenne d'âge est de 21 ans et 97% des migrants sont des hommes. Afghans (35%), Érythréens (33%) et Éthiopiens (26%) sont les nationalités les plus représentées. La plupart d'entre eux sont à Calais depuis de nombreuses semaines : plus de trois mois pour 31% d'entre eux, entre un et trois mois pour 31%. Mais 39% y vivent depuis un mois ou moins, témoignant de la poursuite d'un flux d'arrivées malgré la politique dissuasive du gouvernement (27% s'y trouvent depuis une semaine au moins et jusqu'à un mois, 12% depuis moins d'une semaine).

Des conditions dénoncées à maintes reprises. Les conditions de vie des migrants dans le Calaisis ont été dénoncées de nombreuses fois ces derniers mois par des associations, mais aussi par le Défenseur des droits Jacques Toubon qui, le 14 juin, avait déploré des atteintes aux droits "d'une exceptionnelle et inédite gravité".

Injonctions du Conseil d'État. La semaine dernière, les autorités ont commencé à se plier aux injonctions du Conseil d'État, qui, le 31 juillet, avait confirmé l'ordonnance du tribunal administratif de Lille exigeant notamment la création de points d'eau et de sanitaires. Dix toilettes mobiles et cinq robinets ont ainsi été installés route de Saint-Omer, à côté des locaux du Secours catholique, à quelques kilomètres du centre de Calais. D'autres latrines et points d'eau doivent suivre sous peu. Le dispositif de douches thérapeutiques réservé aux personnes vulnérables sera aussi amplifié.