Meurtre de Sarah Halimi : pourquoi les magistrats ont conclu à l'irresponsabilité pénale du suspect

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© JACQUES DEMARTHON / AFP
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À 15 heures, une marche est prévue dimanche à Marseille pour protester contre la décision de la cour d'appel de Paris, qui a déclaré en décembre Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi, irresponsable pénalement. 
DÉCRYPTAGE

La décision avait provoqué l'indignation des proches de la victime. Le 19 décembre, la cour d'appel de Paris a déclaré pénalement irresponsable Kobili Traoré, l'homme qui avait tué Sarah Halimi, une sexagénaire juive, en 2017. Les magistrats de la chambre de l'instruction ont en effet conclu à l'abolition du discernement du jeune homme alors âgé de 27 ans. À Marseille, une marche est prévue dimanche à 15 heures pour protester contre cette décision controversée. 

La décision des magistrats s'appuie sur un point commun aux trois enquêtes psychiatriques. Les sept médecins consultés concluent que Kobili Traoré était atteint d'une bouffée délirante aiguë au moment des faits, qui a aboli son discernement. Pour l'un des médecins, sa prise de cannabis étant volontaire et consciente, il s'agirait d'une simple altération. Mais pour les deux autres collèges d'experts, soit six médecins, le jeune homme ne pouvait pas connaître les effets de la prise de cannabis sur son psychisme. Ils écrivent : "au moment des faits, son libre-arbitre était nul et il n'avait jamais présenté de tels troubles antérieurement". 

Les juges ont pris en compte la dangerosité du suspect

C'est cette lecture que retiennent les magistrats, qui apprécient au cas par cas, et qui ont estimé ici que l'auteur était irresponsable pénalement. Pour autant, ils ont pris en compte sa dangerosité en demandant son hospitalisation d'office. 

Par ailleurs, en 2010, une affaire semblable s'était retrouvé devant la cour de Cassation avec des conclusions similaires, mais n'a jamais fait jurisprudence, la prise de stupéfiants étant resté une circonstance aggravante dans la plupart des cas. 

Europe 1
Par Salomé Legrand, édité par Antoine Terrel