Mesures contre les violences conjugales : "La déception est à la hauteur des attentes"

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Alors que le Premier ministre, Édouard Philippe, vient d'annoncer lundi des mesures pour lutter contre les violences conjugales, les associations féministes estiment que le gouvernement n'a pas entièrement répondu à leurs attentes. 
INTERVIEW

Formation des profs, protection des victimes, suivi des agresseurs... À l'occasion de la clôture du Grenelle contre les violences conjugales, le Premier ministre Édouard Phillippe a annoncé lundi les mesures adoptées par le gouvernement pour prévenir les violences conjugales et protéger les victimes. Du côté des associations féministes, ces mesures ne sont pas suffisantes. Elles dénoncent un manque de moyens financiers pour lutter contre ces violences faites aux femmes.

"Zéro pointé"

Caroline De Haas, membre du collectif "Nous Toutes", qui est à l'initiative de la manifestation de samedi, estime que le gouvernement n'a pas pris la mesure du problème. "La déception est à la hauteur des attentes. On attendait des moyens suffisants pour mener des politiques efficaces et en matière de politiques publiques, on attendait en priorité des mesures pour l'éducation à l'école, pour la formation des professionnels et des places d"hébergement dédiées pour les femmes victimes", rappelle-t-elle. "Sur ces trois éléments, qui étaient des demandes prioritaires des associations et de 'Nous Toutes', c'est zéro pointé."

Des victoires et des déceptions

Caroline De Haas est également très remontée contre certaines annonces d'Édouard Philippe. La levée du secret médical en cas de danger de mort existe déjà, selon elle.

De son côté, Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, est plus nuancée concernant ces annonces. "Quand il y a 40% de femmes en plus qui vont solliciter les associations, quand il y a plus de 2.000 femmes qui n'ont pas d'hébergement d'urgence, il faut mettre les moyens sur la table pour y répondre", se désole-t-elle. "Sur le reste, on a réussi à convaincre", nuance-t-elle, ajoutant qu'"il y a du positif". 'On ne ressort pas avec rien de ce Grenelle", estime Anne-Cécile Mailfert, qui salue notamment le retrait de l'autorité parentale pour les maris auteurs de violences conjugales.

Pour elle, il ne faut donc pas tout rejeter en bloc mais faire davantage : elle milite déjà pour un nouveau Grenelle contre les violences faites aux femmes, dès l'année prochaine. 

Europe 1
Par Victor Dhollande, édité par Tiffany Fillon