Martinique tensions 2:14
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Florin Hossu, sur place, et Zoé Pallier, édité par Gauthier Delomez , modifié à
La tension ne faiblit pas en Martinique. De nouveaux coups de feu ont été tirés dans la nuit de mardi à mercredi entre la police et les manifestants, bien décidés à ne pas reculer. Si plusieurs tentatives de conciliation ont échoué, de nouvelles propositions sont attendues dans la matinée sur l'île.
REPORTAGE

Le retour au calme aura été de courte durée. Dans la nuit de mardi à mercredi, le quartier populaire de Sainte-Thérèse à Fort-de-France, en Martinique, s'est embrasé de nouveau avec des feux de poubelles, de pneus, de palettes. Des bandes de jeunes ont également brûlé des voitures, comme ils l'avaient fait la veille. La police a déployé ses troupes en masse dans la zone, mais plusieurs coups de feu ont été tirés et des affrontements avec les forces de l'ordre ont eu lieu. Une épaisse fumée de gaz lacrymogène s'est ensuite formée après les tirs des policiers. Heureusement, aucun blessé n'est à déplorer, mais les violences face aux mesures sanitaires continuent d'éclater sur l'île.

Les manifestants toujours déterminés

Les violences urbaines de la nuit se sont propagées à Ducos, dans le centre de l'île, mais aussi au Lorrain dans le nord. Des barrages enflammés ont d'ailleurs été érigés, malgré la levée d'autres barrages routiers plus tôt en Martinique. En réalité, les autorités semblent dépassées par les événements. L'un des porte-paroles de l'intersyndicale des forces de l'ordre avait annoncé dans les médias dans la soirée la levée des barrages pour éviter tout débordement, mais sur le terrain, les manifestants ont décidé de ne pas bouger d'un centimètre.

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Les policiers étaient toujours mobilisés en Martinique.
Crédits : Florin Hossu

Des propositions attendues dans la matinée

Côté politique, le préfet Stanislas Cazelle a bien tenté de jouer la carte de l'apaisement. Il a rencontré durant trois heures les syndicats, mais les discussions tournent court. Le Premier ministre Jean Castex avait réaffirmé que les Antilles ne bénéficieront pas de dérogations concernant l'obligation vaccinale, qui cristallise les tensions comme en Guadeloupe. Le président du conseil exécutif de la collectivité de Martinique a lui aussi tenté de reprendre la main, avec une série de consultations d'élus locaux et des syndicats. Des propositions devraient être formulées dans la matinée en Martinique.

L'appel des médecins libéraux de Martinique à l'apaisement des tensions

Les médecins libéraux demandent au préfet d'intervenir en Martinique pour apaiser les tensions, qui contrarient l'exercice de leur travail. "Il y a eu des violences verbales à l'encontre de certains médecins, des chirurgiens qui devaient aller au bloc opératoire. Ils ont été obligés de faire demi-tour. Nous sommes déjà dans une situation fragile en raison de la crise du Covid-19. Donc, ne freinez pas les médecins qui viennent vous soigner", interpelle la docteur Anne Criquet-Hayot sur Europe 1. "Nous demandons que nous puissions avoir un laissez-passer devant ces barrages pour accéder à notre lieu de travail, qu'il soit dans un cabinet privé, à l'hôpital ou en clinique. On doit pouvoir y accéder pour soigner les patients", appuie-t-elle.