Marseille : le centre de rétention affiche complet depuis l'attaque commise gare Saint-Charles

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L'attaque de Marseille a fait deux morts en octobre dernier.
L'attaque de Marseille a fait deux morts en octobre dernier. © BERTRAND LANGLOIS / AFP
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La situation au centre de rétention administrative du Canet, près de Marseille, s'est tendue depuis que l'établissement est engorgé. L'attentat de Marseille est en cause.

Le nombre de migrants retenus au centre de rétention administrative (Cra) du Canet à Marseille a augmenté nettement depuis l'attaque commise à la gare Saint-Charles, a-t-on appris lundi en marge d'une visite de deux députées LREM des Bouches-du-Rhône. L'attentat avait été commis en octobre 2017 par un Tunisien en situation irrégulière.

Un établissement devenu "difficile". "Depuis l'attaque de Saint-Charles, en plus des migrants irréguliers et des sortants de prison, on a des personnes que l'autorité judiciaire a décidé de ne pas poursuivre mais que le préfet a décidé de placer en rétention", a expliqué le directeur zonal de la Police aux frontières Sud, Thierry Assanelli. Selon lui, le Cra du Canet, qui compte 116 places dont 20 marquées "hors service", est "difficile, car il est plein".

L'attentat avait fait deux morts. Le 1er octobre, sur le parvis de la gare Saint-Charles, un Tunisien en situation irrégulière avait tué deux jeunes femmes. Interpellé deux jours auparavant pour un vol dans un centre commercial à Lyon, il avait été remis en liberté au lieu d'être envoyé vers un Cra, un dysfonctionnement qui avait notamment entraîné le limogeage du préfet du Rhône.

"Explosion de l'enfermement". Début janvier, la Cimade, qui défend les étrangers, avait dénoncé une "explosion de l'enfermement" dans toute la France depuis l'attaque de Marseille. Depuis ces faits, "des personnes qui commettent de petits délits, comme un vol à l'étalage, peuvent être placées en rétention", a confirmé le directeur zonal de la PAF lundi. "Avant, on avait des libérations pour les personnes non identifiables ou pour les ressortissants de pays comme la Libye, aujourd'hui non, on les retient 45 jours", soit la durée maximale d'une rétention administrative, a abondé Martine Bonnet, la cheffe du Cra. Interrogée sur l'augmentation éventuelle de la durée maximale de la rétention administrative, de 45 à 90 jours, inclus dans le projet de loi asile, la cheffe du Cra a assuré: "On s'adaptera, on trouvera des activités".