Le député LFI Sébastien Delogu, candidat à la mairie de Marseille, jugé en juin pour recel de vol et mise en danger d'autrui
Sébastien Delogu, député de la 7e circonscription de Marseille (Bouches-du-Rhône), a été renvoyé devant le tribunal correctionnel le 9 juin prochain. Il est poursuivi pour recel de vol, divulgation d'informations personnelles permettant d'identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct et atteinte au secret des correspondances.
Le député et candidat LFI à la mairie de Marseille Sébastien Delogu sera jugé en juin notamment pour recel de vol pour avoir diffusé sur ses réseaux sociaux des documents privés d'un chef d'entreprise fin 2024, a appris l'AFP vendredi auprès du parquet.
Il comparaîtra devant le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France le 9 juin pour "recel de biens provenant d'un vol", "divulgation d'informations personnelles permettant d'identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d'atteinte à la personne" et "d'atteinte au secret des correspondances", a détaillé le parquet de Marseille, confirmant une information initiale du Parisien.
Un contexte de conflit social
Selon le quotidien, Sébastien Delogu sera jugé pour avoir dérobé et conservé illégalement des documents privés et confidentiels appartenant à Isidore Aragones, avocat retraité placé à la tête du conseil d'administration Laser Propreté, qui vivant sa mise en liquidation judiciaire. L'un d'eux était un email adressé de la part d'Isidore Aragones à un haut responsable de l'armée israélienne concernant l'organisation de la venue d'une délégation française en Israël. À savoir que le dirigeant de Laser Propreté était l'ex-président du bureau du Crif à Marseille.
Ces faits étaient intervenus en septembre 2024, en plein conflit social touchant le nettoyage du métro et de la gare Saint-Charles de Marseille au cours duquel le député avait apporté son soutien aux salariés.
Quelques jours plus tard, Sébastien Delogu a diffusé ces documents sur son compte Instagram, "transmis" à lui "par des gens bienveillants". Isidore Aragones avait alors porté plainte pour "vol, recel de vol, mise en danger par révélation d'information relative à la vie privée et atteinte au secret des correspondances".
Jusqu'à 5 ans d'emprisonnement encouru
Celui qui est aujourd'hui candidat à la mairie de Marseille aux prochaines élections municipales avait déclaré durant sa détention, en mai dernier, que "si j'ai divulgué des informations concernant le plaignant, c’est pour contraindre la justice à se saisir de mon article 40". Le député insoumis rappelait alors qu'il avait rapporté à la justice des suspicions d’abus de biens sociaux au sein de Laser Propreté.
"Dans le contexte (du conflit au Proche-Orient, NDLR), c'est ma vie qu'il a exposée, et il m'a exposé à un danger réel, à un grave danger", avait témoigné Isidore Aragones après son dépôt de plainte.
Sébastien Delogu risque une peine allant jusqu'à 5 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende pour les faits de recel de vol et de mise en danger d'autrui par divulgation d'informations, ainsi qu'une année de prison assortie de 45.000 euros d'amende.