Le lundi de Pentecôte, jour de solidarité, est-il appliqué ?

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(Photo d'illustration). Le lundi de Pentecôte doit rapporter cette année 2,9 milliards d'euros à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie 1:30
(Photo d'illustration). Le lundi de Pentecôte doit rapporter cette année 2,9 milliards d'euros à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie © Pixabay / Creative Commons
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Depuis que chaque entreprise peut décider si cette journée est placée sous le signe de la solidarité ou fériée, il est difficile de savoir qui fait quoi pendant le lundi de Pentecôte. Ce qui mène à des situations alambiquées dans certains cas. 

Travaillez-vous en ce lundi de Pentecôte ? Depuis l'instauration de la journée de solidarité par le gouvernement Raffarin? en 2004, c'est une question qui revient presque chaque année. Il faut dire que depuis que les Français contribuent financièrement à l'aide aux personnes âgées dépendantes via cette journée, elle est de plus en plus déconnectée du lundi de Pentecôte.

Entre 2004 et 2008, la question était rapidement réglée : tout le monde travaillait. Mais très vite, sous la pression des professionnels du tourisme, qui voyaient d'un mauvais œil leur chiffre d'affaires du long week-end de la Pentecôte leur échapper, le législateur a laissé aux entreprises la liberté d'organiser comme elles l'entendent la mise en oeuvre de cette journée de solidarité. Concrètement, cela peut être le lundi de Pentecôte, ou un autre jour de l'année. Et c'est là que la machine se grippe, à tel point qu'aujourd'hui personne ne sait vraiment qui fait quoi. 

Une journée qui rapporte 2,9 milliards d'euros à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie

"Moi, je ne travaille pas le lundi de Pentecôte, c'est un jour de solidarité mais on ne travaille pas, c'est un accord interne de l'entreprise", indique par exemple Laurent au micro d'Europe 1. Mais cet employé d'une agence de voyages avoue sans peine ne pas savoir "du tout comment cela fonctionne".

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Déjà complexe, la situation tourne au casse-tête lorsque la pratique n'est pas uniforme au sein d'une même entreprise. "C'est un jour qui n'est pas férié depuis de nombreuses années dans mon entreprise", explique Anya, ingénieure en informatique postée chez le client. "Mais là, on est obligé de poser une RTT employeur pour ne pas être présent parce qu'on est présent chez un client pour qui c'est férié". De quoi se faire un nœud au cerveau. 

Finalement, la seule chose qui reste immuable avec ce lundi de Pentecôte, c'est la journée de salaire reversée tous les ans à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie. Cette année, elle devrait rapporter 2,9 milliards d'euros. Mais avec le vieillissement de la population, cette journée de solidarité ne va plus être suffisante. En 2050, le nombre des 85 ans et plus va plus que tripler. L’Etat est donc à la recherche de nouvelles ressources. Et la piste d'une nouvelle journée de solidarité a été un temps évoquée, avant d'être écartée par Emmanuel Macron. A la place, c'est l'allongement de la durée du travail qui a été privilégiée par le chef de l'Etat. Mais depuis cette annonce fin avril, aucun détail n’a filtré.

Europe 1
Par Olivier Samain et Maïa Siddo, édité par Ugo Pascolo