Lubrizol : Feu vert "dans les prochaines heures" à la réouverture partielle

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Le site Seveso avait été touché par un incendie il y a près de trois mois.
Le site Seveso avait été touché par un incendie il y a près de trois mois. © AFP
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L'usine Lubrizol de Rouen va être autorisée à rouvrir partiellement "dans les prochaines heures", a indiqué vendredi la préfecture. Il y a près de trois mois, le site Seveso avait été touché par un incendie. 

L'usine Lubrizol de Rouen va être autorisée à rouvrir partiellement "dans les prochaines heures", a indiqué vendredi le préfet de Seine-maritime lors d'une conférence de presse, moins de trois mois après l'incendie qui a touché le site Seveso.

Un démarrage progressif

Un démarrage est possible "même demain (samedi) matin puisque nous avons des équipes 24/24", dès lors que la société aura reçu l'arrêté préfectoral, a indiqué de son côté à l'AFP Isabelle Striga, directrice générale de Lubrizol France, à la question de savoir si le démarrage interviendrait dès la semaine prochaine. Le préfet et Isabelle Striga s'exprimaient à l'issue d'une réunion du "comité pour la transparence et le dialogue" sur l'incendie, organisée en préfecture.

"Il s'agit d'une réouverture partielle, limitée à deux petites unités de mélange et de solubilisation, n'impliquant pas de réaction chimique, et occupant une superficie de 3 hectares sur les 14 hectares du site non impactés par le sinistre", assure la préfecture dans ce communiqué.

La signature de l'arrêté de réouverture partielle "pourra intervenir dans les prochaines heures, donc cet après-midi (...). Il va entrer en vigueur aujourd'hui", a indiqué le préfet de la Seine-maritime, Pierre-André Durand, lors d'une conférence de presse. Le démarrage sera toutefois progressif. "On attend l'arrêté. Dès lors que l'arrêté signé par le préfet nous est transmis, on va pouvoir acheminer les matières premières dont on a besoin" ce qui peut prendre plusieurs jours, a indiqué Isabelle Striga.

"Il y a un net soutien à cette réouverture"

"Majoritairement, il y a un net soutien à cette réouverture", même si "certaines personnes peuvent encore être en désaccord bien sûr", a estimé le préfet à l'issue du comité qui réunit élus locaux, représentant de l'Etat, industriels et association. Le préfet a souligné "l'ampleur des dispositifs anti-incendie imposés" pour la réouverture partielle "qui vont très au delà de la réglementation". Selon Isabelle Striga, "plus de cent salariés" sont mobilisés pour la réouverture partielle.

"Cette réouverture est précipitée, préméditée et tout à fait dangereuse", a pourtant estimé Jacky Bonnemains, représentant de l'association Robin des bois. Le stockage des produits va être "sous-traité" à trois sociétés : Multisol à Sotteville-lès-Rouen et deux entreprises Seveso proches du Havre, GCA logistique à Lillebonne, Seveso seuil bas, et, Care à Rogerville, Seveso seuil haut, a-t-il ajouté. "Il a été dit que ces entreprises seraient surveillées de très près mais ça va être difficile de surveiller qu'elles ne surstockent pas".

"C'est l'intérêt des industriels qui priment"

La Métropole de Rouen, l'Union régionale des médecins libéraux, UFC-Que choisir, et France nature environnement (FNE) ont voté contre. Onze élus locaux ont dans un communiqué dit leur opposition à ce redémarrage, dont le député PS Christophe Bouillon qui préside la mission de l'Assemblée nationale sur l'incendie et Charlotte Goujon, la maire PS de Petit-Quevilly qui jouxte l'usine. La réouverture partielle intervient "alors que certaines prescriptions de l'Etat sur le site ne sont pas respectées", a-t-elle déploré Mme Goujon à la mi-journée.

"Il y a des prescriptions à réaliser mais qui portent sur le reste du site", et donc pas sur les unités qui vont rouvrir, a répondu le préfet interrogé sur ce sujet. "C'est l'intérêt des industriels qui priment, une nouvelle marque de mépris à l'égard de la population. On va attaquer cette décision", a réagi de son côté David Cormand, député européen EELV et élu de Rouen