Louisa, 38 ans, cherche l'amour sur des applications : "Je préfère la veste numérique" à la "veste en vrai"

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Depuis deux ans, Louisa essaie de faire des rencontres amoureuses via des applications. Mais comme elle l'explique à Olivier Delacroix sur Europe 1, elle n'arrive pas à trouver de garçons qui ont envie de se mettre en couple.
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Louisa est célibataire depuis deux ans. Pour trouver l'amour, elle s'est inscrite sur des applications de rencontres car "c'est compliqué d'attendre que la rencontre arrive ou de la provoquer", confie-t-elle au micro d'Olivier Delacroix sur Europe 1.

"Je ne sais pas comment faire autrement pour faire des rencontres. Dans les bars, tout ça, j'ai essayé avec des copines. En fait, on reste entre copines, les garçons restent entre garçons et on se regarde en chien de faïence. Je me suis dit : 'Mais comment on fait pour parler aux gens ? Comment ça se passe en 2018 pour draguer ?' Je ne vais pas écrire sur mon front : 'Accueil, venez me parler.'

"Pour moi, le pire, c'est quand même le nombre de lapins" 

C'est compliqué d'attendre que la rencontre arrive ou de la provoquer. Je ne pense pas être très timide mais je n'irais pas voir un garçon dans un bar, surtout s'il est avec d'autres garçons, pour lui dire : 'Est-ce-qu'on pourrait prendre un verre ensemble ?' Ce n'est pas évident. Avec Internet, on se dit qu'on est derrière un écran donc au pire on se prend une veste, c'est un petit peu moins dur qu'une vraie veste.

>> De 15h à 16h, partagez vos expériences de vie avec Olivier Delacroix sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

[Quand on se prend une veste], pour moi, le moins violent c'est sur Internet parce que la personne est loin, nous aussi. Si ça se passe mal, on se prend même parfois des propos insultants. On arrête, on ferme la fenêtre de conversation et on passe à autre chose, on va papoter avec des copines pour ne pas rester sur cette impression. Une veste en vrai, j'en ai pris plusieurs ces dernières années parce qu'il faut essayer, quand on se retrouve à se faire jeter en plein Paris un samedi soir et qu'on essaye de faire en sorte de ne pas pleurer parce qu'on peut être très émotif, c'est très dur. Moi, je préfère la veste numérique franchement.

Pour moi, le pire, c'est quand même le nombre de lapins que l'on m'a posés en deux ans. Je ne pensais pas que les gens étaient aussi mal polis. On peut simplement dire : 'J'ai changé d'avis' ou 'j'ai un empêchement, je ne viendrai pas.' Il n'y a rien de pire que d'attendre devant une terrasse de café, les gens vous regardent et ils ont de la peine pour vous parce qu'ils savent ce qui est en train de se passer. Du coup, moi je m'inquiète, je me dis : 'Il lui est peut-être vraiment arrivé quelque chose.' Au bout d'une demi-heure je me dis : 'En fait non, je pense qu'il ne viendra pas.' Je pense que c'est le pire parce que du coup, il n'y a pas de rencontre, il n'y a rien qui se passe.

Beaucoup de garçons sont "traumatisés" par le couple

[Ce qui me marque le plus chez tous ces garçons que j'ai rencontrés], c'est ce constat de ne pas vouloir du couple. Parfois ils me l'ont dit vraiment très clairement : 'Moi, je ne veux plus être en couple et ce pour un bon moment.' Comme s'ils avaient été traumatisés. Et vraiment, le mot qui revenait, c'est : 'Le couple pour moi, c'est d'abord des engagements, c'est d'abord des contraintes.' Ils ne voient pas ça comme une relation amoureuse épanouissante. Quand on entend ça, on se dit : 'Ça va être compliqué d'avoir plusieurs rendez-vous d'affilée avec ce garçon.'

On se dit qu'il faut le convaincre s'il est parti sur une mauvaise relation qui l'a peut-être traumatisé, peut-être qu'il faudra le 'guérir' de tout ça et lui prouver que le couple ça peut être aussi source de joie, de bonheur. En fait, on rame et on n'a pas de deuxième ou de troisième rendez-vous.

J'ai posé la question à des amis, ils m'ont dit que souvent ils se sont mis en couple assez tôt ou alors, ils n'ont pas vraiment eu beaucoup de relations. Du coup, il y a ce côté : 'Moi, quand j'étais jeune, je ne savais pas draguer, je ne me sentais pas bien dans ma peau donc je n'en ai pas vraiment profité.' Alors je leur demande : 'Tu peux préciser ? Profiter qu'est-ce que c'est ?' Ils répondent : 'Je n'ai pas eu beaucoup de relations, je n'ai pas 15.000 filles à mon actif.' Comme si c'était un but en soi.

[Certains] vont conclure, ils vont avoir un coup d'un soir. Ou alors, peut-être que ça va se transformer en plan cul régulier. Désolé pour le mot mais c'est comme ça qu'on appelle cela. [Des couples qui durent], j'en connais mais assez peu. Par contre, on se raccroche à ça. Quand on connait un couple qui s'est formé grâce à une application de rencontres, on se dit : 'Ça a été possible pour eux alors c'est possible pour moi. Il faut que je continue malgré tout.'"

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau