Lien établi avec Nordahl Lelandais : que sait-on de la disparition d'Eric Foray ?

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Dans le carnet d'adresses du meurtrier présumé de Maëlys et Arthur Noyer, les enquêteurs ont découvert le nom d'un membre de la famille de cet homme, disparu depuis un an et demi.

Après l'affaire Arthur Noyer, une autre disparition trouvera-t-elle son explication grâce aux recoupements effectués autour de Nordahl Lelandais ? La question se pose plus que jamais vendredi, alors que France 3 révèle un lien entre l'ex-maître chien et Eric Foray, disparu en septembre 2016 dans la Drôme. Le nom d'un membre de la famille de cet homme de 48 ans a été retrouvé dans le carnet d'adresses du meurtrier présumé, déjà mis en examen dans deux dossiers distincts. "Il s'agirait de Julien Foray, mais je ne sais pas quel lien de famille il a avec Eric", a indiqué au Dauphiné Libéré Régis Pique, le compagnon d'Eric Foray. Un espoir pour les proches du disparu, qui n'a plus donné signe de vie depuis plus d'un an et demi.

L'homme et son véhicule envolés. Le 16 septembre 2016, peu avant midi, Eric Foray quitte le domicile qu'il partage avec son ami à Chatuzange-le-Goubet. L'homme à la carrure solide - 1,91 m pour 87 kg -, cheveux grisonnants, passe faire des courses au Super U, où des caméras de surveillance le filment, sans révéler aucun comportement suspect. Il prend ensuite la direction de la boulangerie, où l'on se souvient de son passage, vers 12h15. Et puis plus rien. Ni le quadragénaire ni son véhicule, un 4x4 de marque Suzuki, couleur or, ne seront plus aperçus par aucun témoin.

Pendant quelques jours, Régis Pique arpente tous les axes du département à la recherche de son compagnon, avant de se résigner à porter plainte. Mais en l'absence de piste, l'enquête reste au point mort. Deux semaines après la disparition, un appel à témoins est officiellement lancé, sans succès. "Je ne peux pas croire qu'il soit parti de son plein gré", martèle Régis Pique.

Aucun mouvement bancaire. Preuves en sont, selon lui, plusieurs détails montrant qu'aucun départ n'a été anticipé : son compagnon ne portait pas ses lunettes, mais juste des lentilles pour la journée. Il ne détenait que 70 euros sur lui et aucun mouvement bancaire n'a été enregistré sur son compte. "Il n'a aucune raison d'être parti. Nous étions heureux et plein de projets, il avait beaucoup investi dans notre maison", écrit Régis Pique sur la page Facebook qu'il a créée, "Disparition d'Eric Foray".

Pour cet homme, le lien potentiel entre son ami et Nordahl Lelandais constitue une première vraie piste : son avocat, Me Boulloud, a à nouveau porté plainte contre X pour "enlèvement" et "séquestration arbitraire", afin de pousser le parquet de Valence à rouvrir l'enquête. Mais la nouvelle pourrait également être synonyme d'une issue qu'il se refuse à envisager, comme il l'a confié à France 3 : "Je ne veux pas croire qu'il est mort. C'est sûr que si c'est la piste Lelandais, hélas… C'est ça aussi que vous vous dites : 'est-ce qu'il est en train de mourir quelque part ?'"

Plusieurs éléments ont poussé les enquêteurs à effectuer des recoupements dans ce dossier. La proximité géographique, d'abord : Chatuzange-le-Goubet se situe à moins de 100 km de Domessin, la ville de Savoie où résidait Nordahl Lelandais. Mais également le profil d'Eric Foray, un homme qui se déplaçait seul au moment de sa disparition, comme Arthur Noyer, et homosexuel. Les gendarmes ont récemment découvert que l'ex-maître chien fréquentait des sites de rencontre gays en secret.