À Marseille, l'État condamné pour inaction face aux rodéos à moto

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Le collectif d'habitants représente le quartier du Verduron à Marseille (illustration). 1:25
Le collectif d'habitants représente le quartier du Verduron à Marseille (illustration). © GERARD JULIEN / AFP
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L'État a été condamné par le tribunal administratif de Marseille pour ne pas lutter assez contre les rodéos à moto. C'est une première pour une procédure lancée par un collectif d'habitants du 15e arrondissement, qui a obtenu 10.000 euros de dommages et intérêts en réparation de cet enfer quotidien.
TÉMOIGNAGE

C'est un phénomène qui perturbe la vie des quartiers : le bruit incessant, notamment la nuit, des rodéos sauvages au pied des immeubles ou dans les zones pavillonnaires. A Marseille, dans le quartier du Verduron, au sein du 15e arrondissement, un collectif d'habitants vient d'obtenir devant le tribunal administratif la condamnation de l'État pour son inaction face à ce fléau.

10.000 euros de dommages et intérêts

L'État (et notamment la préfecture de police des Bouches-du-Rhône) est reconnu coupable de "faute" pour ne pas avoir pris de mesures suffisantes pour restaurer la tranquillité publique. C'est un collectif d'habitants du 15e arrondissement de Marseille qui avait lancé la procédure et a donc obtenu 10.000 euros de dommages et intérêts.

"Le quotidien c’est un bruit infernal, l’équivalent d’une dizaine de tronçonneuses. Cela touche beaucoup de personnes car c'est un quartier très dense", témoigne Nathalie, qui a créé ce collectif de riverains. "On doit s’enfermer chez soi, on ne peut plus profiter des extérieurs si on en a, et puis ça tape sur les nerfs ! Quand vous rentrez d’une journée de travail, vous entendez trois heures de rodéo, ce n’est pas normal ! Les gens ne comprennent pas qu'on puisse arriver à ce stade-là sans ne rien faire", s'indigne l'habitante du quartier.

La police n'a "pas d'effectifs pour régler le problème"

Cette Marseillaise regrette aussi le manque de moyens de la police qui reste selon elle sans bouger face à ce phénomène. "Quand on appelle la police, on nous répond une fois sur deux 'c'est noté'; quand on insiste un peu on nous dit 'madame, on a d'autres priorités', quand on insiste encore, on nous répond 'écoutez si vous n’êtes pas contents, écrivez au ministre de l'Intérieur, on n'a pas de voiture, pas d'effectifs pour régler ce problème'. Ce n'est pas normal !", déplore Nathalie. "On ne peut pas, dans une République, ne pas apporter de réponse à des citoyens qui souffrent d'une situation anormale."

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Séverine Mermilliod