L'homme arrêté vendredi soir n'est pas Dupont de Ligonnès, selon le test ADN fait par les Écossais

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Un homme soupçonné d'être Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté vendredi à l'aéroport de Glasgow. Une "dénonciation anonyme" aurait permis son arrestation mais le procureur appelle à "la prudence".
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Mise à jour samedi 12 octobre à 13h : selon les informations d'Europe 1, l'homme arrêté vendredi soir n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès, à en croire le test ADN fait par les Écossais

Si cela se confirme, ce serait l'épilogue d'une des plus incroyables affaires criminelles de ces dernières décennies. Un homme soupçonné d'être Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté vendredi à l'aéroport de Glasgow, en Écosse. Une "dénonciation anonyme" a permis l'arrestation de ce suspect. Mais son identité laisse encore apparaître un "doute", selon une source proche de l'enquête citée samedi par l'AFP. 

Les infos à retenir :

  • Un homme soupçonné d'être Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté vendredi à l'aéroport de Glasgow
  • Une "dénonciation anonyme" a permis son arrestation, mais "un doute" subsiste sur son identité
  • L'homme avait un passeport au nom de Guy Joao et selon ses voisins c'est bien lui, et non Xavier Dupont de Ligonnès, qui a été arrêté

Qui est l'homme interpellé à Glasgow ?

Le suspect aurait été repéré par les policiers à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle avant l'embarquement, mais les policiers n'avaient pas eu le temps d'intervenir et ont prévenu Interpol. Le suspect voyageait avec un passeport au nom de Guy Joao. À son arrivée à Glasgow, l’homme a été contrôlé.

Les autorités écossaises qui ont, dans un premier temps, affirmé que les empreintes correspondaient avec celles de Xavier Dupont de Ligonnès, n'ont toutefois pas encore confirmé l'identité du suspect interpellé. Des investigations sont toujours en cours pour la vérifier. Et son identité laisse apparaître un "doute", a affirmé samedi une source proche de l'enquête.

Le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, a également appelé vendredi soir à la "prudence", en l'attente des résultats de tests l’ADN. Par ailleurs, BFM TV affirmait samedi matin que les empreintes digitales du suspect ne correspondraient que "très partiellement" à celles de Xavier Dupont de Ligonnès. Sur les 13 points de reconnaissance nécessaires, seuls cinq correspondraient.

Le mystère Guy Joao

Une perquisition a également eu lieu vendredi soir à Limay, dans les Yvelines, à l'adresse inscrite sur le passeport au nom de Guy Joao. Et pour l’un des voisins, il ne peut pas y avoir de doute : impossible que Guy Joao, qu'il présente comme son voisin et son ami, soit Xavier Dupont de Ligonnès. Selon lui, Guy Joao et sa femme faisaient régulièrement des voyages en Écosse, et toujours selon ce voisin, cette arrestation est une méprise. "Ça fait trente ans qu’on se connait ! On a été à son mariage en Écosse, c’est aberrant ! Même avec de la chirurgie esthétique c’est pas possible", assure-t-il au micro d’Europe 1.

Un autre habitant de la commune, cité par l'AFP, allait dans le même sens samedi midi. "C'est impensable, un truc comme ça. Il est né à Limay, on est amis depuis plus de 45 ans, il travaillait avec moi à Renault Flins avant de prendre sa retraite il y a quatre ans", explique Mario Vieira, 75 ans, un retraité habitant une commune mitoyenne. Le septuagénaire est catégorique: l'ami dont il venait retirer le courrier dans cette maison perquisitionnée dans la nuit de vendredi à samedi, pendant ses absences régulières en Ecosse, ne peut pas être Xavier Dupont de Ligonnès, en cavale depuis huit ans et soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants en 2011 à Nantes

Selon lui, son ami Guy Joao, "qui aura 70 ans le 11 avril prochain", précise-t-il, a bien été arrêté à Glasgow la veille, comme l'homme signalé comme pouvant être Xavier Dupont de Ligonnès. "J'ai eu sa femme ce matin, elle est abasourdie. Elle vient toujours le chercher à l'aéroport quand il revient. Elle a dû voir l'interpellation", dit-il aux nombreux journalistes qui se présente devant le pavillon coquet en pierres apparentes, avant que la police n'installe des barrières métalliques alentour.

" Guy Joao s'était fait piquer ses documents d'identité dans sa sacoche "

Et Mario Vieira d'enfoncer le clou, estimant que l'homme de Limay qu'il connaît ne peut être le suspect numéro un de la tuerie de Nantes: "Il fait 1,85 m, 90 kg, il est chauve. Son père était un légionnaire portugais, sa mère, Charlotte, venait de la Beauce. Ils sont enterrés ici!". Il donne également des détails sur l'épouse écossaise de son ami, avec qui il s'est marié il y a deux ans. Le couple habite dans la région de Glasgow, dit-il. Elle, "Mary Thomson", a des enfants et des petits-enfants, mais pas lui. Mario Vieira affirme aussi que Guy Joao s'était "fait piquer ses documents d'identité dans sa sacoche à (l'aéroport de Roissy) Charles-de-Gaulle en 2014".

Une "dénonciation anonyme" à l'origine de l'arrestation

Selon une source proche de l'enquête, l'arrestation a été permise par "une dénonciation anonyme". Cette "information" est parvenue trop tard pour qu'il y ait une intervention sur le sol français, mais les enquêteurs français ont prévenu la police écossaise qu'il se trouvait dans l'avion.

S'il s'agissait bien de Xavier Dupont de Ligonnès, son extradition vers la France pourrait prendre 10 à 60 jours. 

Huit ans de recherches et de mystères

Depuis huit ans, Xavier Dupont de Ligonnès est activement recherché. A maintes reprises, des signalements sont parvenus aux enquêteurs dont les milliers de procès-verbaux rédigés n'ont pas permis de dire s'il était mort ou vivant, s'il avait pu organiser sa fuite ou s'il s'était suicidé. Ce personnage central de l'une des plus mystérieuses énigmes criminelles des dernières décennies a été aperçu pour la dernière fois en avril 2011 : le 14 avril, il avait été filmé par la caméra d'un distributeur de billets, et le 15, il avait quitté à pied un hôtel avec, sur le dos, un étui pouvant contenir une carabine.

Six jours plus tard, les corps de sa femme et de ses quatre enfants étaient découverts, enterrés sous la terrasse de leur maison à Nantes. Agnès Dupont de Ligonnès, 48 ans, et ses quatre enfants, Arthur, 21 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans ont été tués à la 22 Long Rifle, vraisemblablement deux semaines plus tôt, entre le 3 et le 5 avril, d'au moins deux balles dans la tête. Avec six jours de retard sur le père de famille, les enquêteurs avaient alors remonté le fil de son emploi du temps, sans percer l'énigme. Malgré un mandat d'arrêt international lancé contre lui, il n'avait jamais été retrouvé. 

Par , avec Jean Gabriel Bourgeois, Joanna Chabas, Chloé Triomphe et AFP