Les "uritrottoirs", urinoirs écologiques, font polémique à Paris

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La ville de Paris a installé quatre pissotières destinées à fabriquer du compost pour les plantes, des "uritrottoirs" qui ne sont pas au goût de tous les riverains.

C’est un nouveau genre d’urinoirs qui fait polémique. La ville de Paris poursuit son expérimentation d'"uritrottoirs", des pissotières installées sur les trottoirs et couplées avec une jardinière, qui se veulent écologiques et sans odeur, mais font grincer des dents certains riverains. Un quatrième uritrottoir vient d’être installé dans une rue calme et touristique de l’île Saint-Louis, dans le 4eme arrondissement. Trois avaient déjà pris place, au printemps dernier, près de la place de Clichy, de la gare de Lyon, et dans un square du 5eme arrondissement

Un urinoir écologique. Ce petit bac rouge d'environ un mètre de large, surplombé de petites plantes, est avant tout écologique : l’urine récoltée est recyclée et doit servir de compost aux plantes du bac, pour les faire pousser. "L'urine est stockée avec de la matière sèche (de la paille, ndlr) qui peut ensuite être transformée en compost", explique Laurent Lebot, l'un des deux designers de l'entreprise nantaise Faltazi, à l’origine de sa conception.

Des avis critiques. Disposées sur le trottoir et donc visibles de tous les passants, ces pissotières suscitent des réactions mitigées. Si elles intriguent ou amusent certains touristes, nombres de Parisiens et d’élus protestent, pointant du doigt notamment l’esthétisme du bac et son emplacement, qui met à mal toute pudeur. "C'est une bonne idée à la base mais mal placé et pas assez effacé dans le paysage. Ça aurait dû être recouvert de fleurs et dans des coins discrets, pas au milieu du passage", déplore cet internaute sur Twitter. Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef, a pour sa part critiqué une "nouvelle connerie parisienne".

Phase expérimentale. La mairie de Paris et celle du 4eme arrondissement rappellent que ces urinoirs sont installés à titre expérimental, et pour répondre à une "demande des riverains". "On est tout à fait prêts à discuter du lieu", assure Evelyne Zarka, première adjointe au maire de l'arrondissement, Ariel Weil. "Un uritrottoir mal placé sera difficilement accepté", reconnaît Laurent Lebot, qui convient du paradoxe d'un outil "pensé pour la nuit, mais visible le jour". "Le concept n'est pas qu'il trône au milieu du trottoir", affirme-t-il. Face aux contestations, le maire du 4eme arrondissement de Paris a assuré à BFMTV que ces uritrottoirs vont être "déplacés de quelques mètres", pour prendre place dans des rues plus discrètes.