Les Outre-mer choqués par des propos de Christine Angot sur l'esclavage

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Les Outre-mer sont offusqués par les récents propos de Christine Angot sur l'esclavage.
Les Outre-mer sont offusqués par les récents propos de Christine Angot sur l'esclavage. © FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Christine Angot a suscité la polémique ces derniers jours, après ses propos sur l'esclavage, tenus dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2.

"Le but avec les juifs pendant la guerre, cela a bien été de les exterminer, c'est-à-dire de les tuer, et ça introduit une différence fondamentale avec l'esclavage des noirs où c'était exactement le contraire. L'idée était au contraire qu'ils soient en pleine forme, qu'ils soient en bonne santé, pour pouvoir les vendre et qu'ils soient commercialisables", avait déclaré Christine Angot sur le plateau de l'émission On n'est pas couché, sur France 2, au cours d'un échange avec le journaliste Franz-Olivier Giesbert. "Ce n'est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes", avait-elle poursuivi.

Les élus ultramarins offusqués

Ces propos "sont susceptibles d'être qualifiés de révisionnistes et de négationnistes des crimes contre l'humanité qu'ont été la traite négrière et l'esclavage colonial", a réagi mardi, dans un communiqué, le président de la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale, Olivier Serva, député LREM de Guadeloupe. "En sus de la relativisation des souffrances endurées pendant plus de quatre siècles par les victimes de la traite négrière et de l'esclavage colonial, ces propos inadmissibles ravivent une concurrence des mémoires que le travail commun des associations était parvenu à apaiser", ajoute-t-il, estimant que ces propos mériteraient "une condamnation judiciaire".

Dans un communiqué commun, le Conseil représentatif des Français d'Outre-mer, la Coordination des associations d'Outre-mer et le comité Marche du 23 mai 1998 ont déploré des propos "absurdes". "Il n'y a pas de hiérarchie dans la souffrance générée chez les victimes de crimes contre l'humanité et leurs descendants !". "Madame Angot, l'idée de l'esclavage des noirs, c'est plutôt que les esclaves étaient des biens meubles, que leur humanité a été niée, durant des générations", avait twitté lundi l'ancienne ministre des Outre-mer Ericka Bareigts, députée PS de La Réunion.

Le député de La Réunion Jean-Hugues Ratenon (LFI) a demandé aux ministres de la Culture et des Outre-mer "d'agir". "Nous ne pouvons pas tolérer un tel message et une telle vision de la traite négrière et de l'esclavage." "Christine Angot insulte tous les descendants d'esclaves et, au-delà, tous ceux qui combattent la vaine hiérarchie des mémoires", ont renchéri les sénateurs PS de Martinique Catherine Conconne et Maurice Antiste.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), interrogé mardi par l'AFP, a précisé avoir reçu plus de 900 saisines de téléspectateurs à propos de cette séquence diffusée samedi soir sur France 2. Dans un texte envoyé mardi à l'AFP, via son éditeur, Christine Angot a dit regretter "de ne pas avoir réussi" à se faire comprendre, de n'avoir "pas su trouver les mots", et "d'avoir blessé" par ses propos.