Les cimetières resteront ouverts : "L'hommage aux morts est la marque d'une civilisation"

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Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement du pays à partir de jeudi minuit, les cimetières resteront ouverts et les enterrements possibles sans restriction, contrairement à mars dernier. Une mesure saluée sur Europe 1 par Daniel Duigou, prêtre à Paris et délégué aux nouvelles croyances.
INTERVIEW

La France va de nouveau être confinée, mais avec quelques changements par rapport à mars dernier. Parmi les nouveautés annoncées par Emmanuel Macron mercredi : les cimetières resteront ouverts et les enterrements seront possibles sans restriction. Une mesure saluée jeudi matin sur Europe 1 par Daniel Duigou, prêtre à Paris et délégué aux nouvelles croyances. "C'est important. Parce que rendre hommage aux morts, c'est bien la marque d'une civilisation", estime Daniel Duigou au micro de Simon Ruben.

"Le rite est fondamental dans la société. C'est réservé aux croyants, mais également aux incroyants, car le rite est un langage. Il fait partie de la vie. Il permet de penser l'innommable, l'horreur, le vide de la mort et de rendre hommage aux morts. Les enterrer dignement, c'est reconnaître que ce ne sont pas des animaux", poursuit le prêtre. "C'est assez banal de porter des fleurs sur la tombe. C'est un rite, c'est un geste qui remplace une parole. On en a besoin, qu'on soit vivants ou morts. D'ailleurs, il existe aussi le rite républicain. La République utilise le rite avec le drapeau, l'hymne national, etc. On a besoin du rite pour exprimer des choses fondamentales, qui que l'on soit", philosophe-t-il.

Vers un Noël confiné ? "Un chrétien se doit d'abord d'être un citoyen"

Contrairement aux revendications de nombreux acteurs du culte, le chef de l'Etat n'a en revanche pas annoncé de restrictions pour les messes et les autres manifestations religieuses publiques. Et selon les informations d'Europe 1, le confinement pourrait même durer au-delà de Noël, période importante s'il en est pour les chrétiens. Mais Daniel Duigou appelle dès maintenant à faire la part des choses.

"Il est possible, oui, effectivement, que l'on ne puisse pas fêter Noël d'une façon ou d'une autre, croyant ou pas croyant, autour du sapin ou de la crèche. Mais vous savez, pour les chrétiens, le culte n'est peut être pas essentiel. L'important, c'est d'être avec les autres, c'est de communier avec les autres, et plus que jamais aujourd'hui", théorise le prêtre. Et de conclure : "Un chrétien, puisque vous parlez de Noël, alors parlons du chrétien, se doit d'abord d'être un citoyen, qui doit communier avec les autres. Je dirais d'accepter avec les autres les contraintes parce qu'il s'agit encore une fois de vivre, de continuer de vivre et de faire en sorte que la vie soit possible".