L'Eglise prête à ouvrir ses portes aux "gilets jaunes" : "Il n'y a rien de religieux là-dedans", assure l'archevêque de Paris

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Invité du Grand Rendez-Vous sur Europe 1, Monseigneur Aupetit explique que, face à la crise sociale, l'Eglise veut proposer aux Français, croyants ou non, des lieux de débats.
INTERVIEW

La mobilisation des "gilets jaunes" sur les ronds-points a créé une sorte de "sociabilisation", pour le plus grand plaisir des manifestants. Peut-être parce qu’il n’y a plus de lieux pour qu’elle s’exerce ?

Forte de ce constat, l'Eglise catholique a fait savoir qu'elle souhaitait ouvrir les portes de ses paroisses pour échanger et réfléchir sur la crise sociale qui agite le pays, et notamment avec les "gilets jaunes", qui ont mené samedi leur leur sixième journée de mobilisation. Une façon pour elle de s’emparer, de nouveau, de la question sociale, voire d’alimenter le débat politique. Invité dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1/CNews/Les Echos, Michel Aupetit, archevêque de Paris, a pourtant tenu à se défendre des accusations de récupération, voire de prosélytisme.

"Il y a peu d'espace de dialogue". "Sur les ronds-points, les gens se parlent et sont heureux de se parler. Pourquoi ? Parce qu'il y a peu d'espaces de dialogue", relève-il. "On a 13.000 paroisses, des lieux d'aumônerie, des lieux de mouvements, on a des lieux dans les lycées. On demande aux catholiques d'ouvrir tous ces lieux pour en faire des lieux de dialogue, pas de religion", explique l'ecclésiastique.

"C'est pour que les gens puissent parler entre eux et réfléchir". C'est notamment dans cette optique que l'Eglise catholique a lancé un grand appel pour alimenter le débat à l'échelle nationale, proposant plusieurs pistes de réflexions via un communiqué aux différents diocèses. "Les questions que l'on a posé sont : 'quelles sont, selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes du malaise actuel, et les formes violentes qu'il a pris ?", rapporte l'archevêque de Paris. "Il n'y a rien de religieux là-dedans, c'est pour que les gens puissent parler entre eux et réfléchir", conclut-il.

Europe 1
Par Romain David