"Grand débat" : Chantal Jouanno veut "faire respecter la parole des citoyens"

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Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), a affirmé sur Europe 1 son intention "d'entendre le plus de monde possible". 
INTERVIEW

Les contours du futur "grand débat" national, promis par le gouvernement afin de mettre fin à la crise des "gilets jaunes", commencent à se préciser. Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), a dit vouloir "faire respecter la parole des citoyens", jeudi soir sur Europe 1. "Notre rôle est de faire respecter la parole des citoyens, que cette parole ne soit pas étouffée par ceux qui ont l’habitude de la prendre publiquement. Ensuite, on vérifiera que cette parole ne tombe pas dans un tiroir, et qu’on y réponde", a assuré l'ancienne ministre. 

"Entendre le plus de monde possible". Ce "grand débat" doit commencer en janvier et devra déboucher fin mars-mi avril sur "des décisions très concrètes", a précisé mercredi Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. Début janvier sera réalisé un "pré-cadrage" du débat, dans chaque région, avec les préfets, afin d'éviter que les discussions ne "partent dans tous les sens", a-t-il ajouté. "C’est légitime que le gouvernement choisisse les sujets sur lesquels il souhaite entendre les Français. Ensuite, le plus important, c’est comment il va le prendre en compte", a estimé Chantal Jouanno. 

Chantal Jouanno a encouragé "le plus de monde possible" à participer à ce débat, afin de faire remonter un maximum de propositions de citoyens. "Ce sont des initiatives qui viennent du terrain. Que vous soyez responsables de syndicats ou d’associations, maires de petites communes ou simples collectifs de citoyens, vous pouvez organiser un débat. Le mieux, c’est que ce soit au plus près du terrain pour entendre le plus de monde possible."

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"Il faut des relais comme les associations caritatives". L'ancienne ministre a également invité les maires à se livrer à l'exercice. "Les maires sont libres de participer ou de ne pas y participer. Si c’est trop compliqué à organiser, on enverra un animateur qui sait organiser un débat public et gérer des situations conflictuelles. Il y a des personnes qui n’osent pas s’exprimer parce qu’ils ont le sentiment qu’on ne les entend pas. Pour ceux-là, il faut des relais comme les associations caritatives, comme Emmaüs ou les Restos du cœur."

Ce grand débat débouchera-t-il sur de vraies mesures de la part du gouvernement ? "La réponse n’appartient qu’au gouvernement", a répondu Chantal Jouanno. L'ancienne ministre s'est également exprimée sur l'ISF, dont la suppression est contestée par une majorité de Français, mais sur laquelle le gouvernement ne compte pas revenir. "Il y aura bien d’autres sujets. Mais là, ce sera de la responsabilité d’Emmanuel Macron de dire pourquoi il revient ou il ne revient pas dessus", a-t-elle déclaré.