Le journaliste Gaspard Glanz l'assure : "Je préfère respecter mon contrôle judiciaire"

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Interdit de couvrir les manifestations des "gilets jaunes" les samedis ainsi que le 1er-Mai, le journaliste Gaspard Glanz a annoncé sur Europe 1 qu'il allait respecter son contrôle judiciaire "afin que (ses) avocats aient toutes les armes en leurs mains".
INTERVIEW

Gaspard Glanz ne sera pas à Paris pour les prochaines manifestation des "gilets jaunes" (samedis et 1er-Mai). Suite à son interpellation samedi, lors de "l'acte 23" des "gilets jaunes", le journaliste est convoqué le 18 octobre devant le tribunal de Paris. D'ici là, il est interdit de paraître à Paris tous les samedis ainsi que le 1er-Mai. Et contrairement à ce qu'il avait affirmé dans un premier temps, il va respecter cette interdiction.

"J’avais l’intention de ne pas la respecter", a-t-il assuré au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1. Il a finalement changé d'avis : "Je préfère respecter mon contrôle judiciaire afin que mes avocats aient toutes les armes en leur main pour combattre ce qui arrive et régler ce problème définitivement." 

 

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

"Si je brave cette interdiction, ils me mettent en prison"

A la question de savoir s'il s'agit selon lui d'une entrave à la liberté d'informer, il répond toutefois par l'affirmative : "Absolument." "Si je brave cette interdiction, et c’est exactement ce qu’ils attendent, ils me mettent en prison, c’est détention provisoire", affirme-t-il afin de justifier sa décision.

Gaspard Glanz est accusé d'"outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique". Après avoir été touché par une grenade de désencerclement samedi place de la République à Paris, il avait adressé un doigt d'honneur aux forces de l'ordre. "A cet endroit de la place, à ce moment-là, c’est très calme", assure-t-il afin de justifier son incompréhension face à la situation qu'il était en train de vivre. S'il a d'abord souhaité se rendre malgré tout aux manifestations parisiennes, c'était justement dans le but de savoir "s’ils avaient vraiment le courage de mettre un journaliste en prison pour un doigt d’honneur".

"Les journalistes sont sur-représentés dans le nombre de blessés total dans les manifestations"

Il avoue avoir "regretté" ce geste à la sortie de ses "50 heures" de garde à vue. Désormais, il "ne le regrette pas parce que ça a permis de montrer, ça a mis un focus sur une situation qui est extrêmement grave". Il fait notamment référence au nombre important de journalistes victimes de violences policières : "Les journalistes sont sur-représentés dans le nombre de blessés total dans les manifestations." Selon un bilan provisoire réalisé par Allo place Beauvau et relayé par le journaliste David Dufresne, 79 des 690 signalements pour des violences policières concernent des journalistes, soit plus de 10%.

Face à "ce problème", Gaspard Glanz réclame "qu'à un moment, il y ait un ministre de l’Intérieur sensé, qui fasse un rappel aux forces de l’ordre en disant qu’on est hors-jeu. On est hors zone, il faut arrêter de nous tirer dessus". Le journaliste a par ailleurs reçu de nombreux soutiens après son arrestation, à commencer par celui de notre éditorialiste, Jean-Michel Aphatie. "J'étais assez surpris que Jean-Michel Aphatie m'apporte son soutien et je tiens à l'en remercié", a-t-il confié.

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau