Le Défenseur des Droits demande de faire cesser les "traitements inhumains" subis par les enfants de djihadistes

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Environ 450 Français sont retenus dans des camps en Syrie.
Environ 450 Français sont retenus dans des camps en Syrie. © Delil souleiman / AFP
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Jacques Toubon a pointé des "atteintes" à la Convention internationale des droits de l'enfant, et appelle la France à mettre un terme à ces "traitements dégradants". 

La France doit faire cesser les "traitements inhumains" subis par les enfants de djihadistes et leurs mères dans les camps en Syrie, a réclamé mercredi le Défenseur des Droits, qui a été saisi par plusieurs familles depuis fin 2017. 

"L'État français doit adopter des mesures effectives permettant de faire cesser les traitements inhumains et dégradants subis par les enfants et leur mère dans ces camps et de mettre fin aux atteintes aux droits et à l'intérêt supérieur de l'enfant", a estimé dans un avis Jacques Toubon, pointant des "atteintes" à la Convention internationale des droits de l'enfant, signée par la France. Jacques Toubon réclame également "l'adoption de toutes mesures effectives permettant de faire cesser la détention arbitraire des enfants français et de leurs mères dans les camps" et donne un mois au gouvernement pour qu'il fasse suite à ces "recommandations".

 

Interrogée à la sortie du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye ne s'est pas exprimée sur les conditions de vie dans les camps syriens et a simplement rappelé la "position constante" de la France qui étudie les situations "au cas par cas" et ne rapatrie que des orphelins ou des enfants avec l'accord de leur mère. Cinq orphelins sont ainsi revenus de Syrie le 15 mars et une fillette de trois ans le 27 mars.

Des conditions de vie insalubres 

Depuis plusieurs mois, les familles et des ONG alertent sur les conditions dans lesquelles ces enfants sont retenus en Syrie (malnutrition, manque de soins, absence de scolarisation, etc.). Selon le Conseil de l'Europe mardi, 249 personnes sont mortes dans ces camps depuis fin 2018. Dans son avis, le Défenseur des droit estime "que ne sont pas garantis la prise en considération de l'intérêt supérieur de l'enfant (...) et le respect de ses droits fondamentaux".

"Enfin, on a une autorité nationale qui condamne la France et qui l'exhorte à respecter ses engagements internationaux et européens", a réagi auprès de l'AFP Me Marie Dosé, qui représente plusieurs djihadistes français et familles. "Nous nous réjouissons que le Défenseur des droits prenne la mesure de l'extrême gravité des atteintes aux droits fondamentaux", ont déclaré Mes William Bourdon et Vincent Brengarth, qui représentent également plusieurs familles. Selon le Quai d'Orsay, environ 450 ressortissants français affiliés au groupe État islamique (EI) sont détenus par les Kurdes ou retenus dans des camps de réfugiés dans le nord-est de la Syrie.

La France appelée à rapatrier les enfants de djihadistes. Le président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a appelé de son côté la France à rapatrier "sans condition" les enfants de djihadistes français retenus en Syrie, dans une lettre adressée au gouvernement. "Il est impératif que la France abandonne une attitude restrictive contraire à la simple humanité comme aux obligations auxquelles elle a souscrit et prenne la décision de rapatrier, sans condition, les enfants" mineurs de nationalité française détenus dans des camps en Syrie, demande Jean-Marie Delarue, dans un courrier daté de lundi.