Lactalis : "Qui dit la vérité dans cette affaire ?", demandent les familles de victimes

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Sur Europe 1, le président de l’Association des familles victimes du lait contaminé à la salmonelle accuse Lactalis et la Répression des fraudes de les "enfumer", alors que l'entreprise est visée par de nouveaux soupçons.
INTERVIEW

Affaire Lactalis, deuxième acte. Moins d'un an après un scandale de contamination à la salmonelle, le géant de l'agroalimentaire est accusé par le Canard Enchaînéd'avoir écoulé 8.000 tonnes de lait en poudre potentiellement contaminé. Lactalis, d'abord par le biais d'un communiqué, puis par la voix de son directeur de la communication, sur Europe 1, réfute tout manquement. Quentin Guillemain, le président de l'association des victimes, pointe quant à lui des versions contradictoires "à  quelques mois d'intervalle".

La tour n°2 au centre des interrogations. Au cœur de la tourmente, cette même usine de Craon, en Mayenne, dont les produits pour enfants avaient rendu des dizaines de nourrissons malades de la salmonellose, en décembre 2017. "La contamination concernait la tour de séchage numéro 1", assure Michel Nalet, le porte-parole de Lactalis, au micro de Matthieu Belliard. Dans la tour numéro 2, les laits infantiles avaient été rappelés par précaution, "alors qu'il n'y avait aucune contamination. Mais les circuits de conditionnement étaient communs à ceux de la tour n°1", avance-t-il encore.

 

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"Un circuit bien différent", souligne Lactalis. Ces fameuses 8.000 tonnes - "qui n'ont pas été transformés dans des produits type yaourts ou crèmes dessert", selon Michel Nalet - ont bien été fabriquées sur la tour numéro 2. Le rappel ne concernait en effet pas les poudres pour adultes. Celles-ci "ont été conditionnés sur un circuit bien différent et complètement indépendant, qui en aucun cas ne pouvait être en contact avec des produits potentiellement contaminés", affirme-t-il encore.

Des propos datant de février en question. "Lactalis nous enfume", répond pourtant Quentin Guillemain, toujours au micro de Matthieu Belliard. "Qui dit la vérité dans cette histoire ?", interroge le très médiatique porte-parole, qui estime que l'entreprise, mais aussi la Répression des fraudes (DGCCRF), "disent tout et son contraire à quelques mois d'intervalle". Et le père de famille de citer les propos de Virginie Beaumeunier, la directrice générale de la DGCCRF, en date du 23 janvier 2018. Devant le Sénat, elle évoquait en effet "la détection de la bactérie dans l'environnement de la tour numéro 2". Les 8.000 tonnes de lait pour adultes en question ont donc été produites dans une tour contaminée, à en croire ces déclarations.

"Une erreur d'interprétation". "Il n'est pas vrai de dire que seule la tour numéro 1 est concernée. C'est une erreur d'interprétation", conclut Quentin Guillemain, qui dit aussi avoir pour preuve "des échanges de mails avec la préfecture". Mercredi, la Répression des fraudes a toutefois confirmé la version de Lactalis, dans un communiqué, en affirmant que les poudres aujourd'hui incriminées "ne présentaient pas les mêmes risques (que celles contaminées à la salmonelle) et sont issues d'une autre tour de séchage".

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a quant à lui déjà averti : le groupe sera "sévèrement sanctionné" s'il a fraudé, car "il n'y a aucune place pour l'approximation quand il s'agit de la santé des Français".

Europe 1
Par Thibauld Mathieu