La "maltraitance" des personnes âgées dans des Ehpad privés dénoncée par un reportage

  • A
  • A
Près d'un million de personnes ont plus de 90 ans en France. Image d'illustration.
Près d'un million de personnes ont plus de 90 ans en France. Image d'illustration. © PASCAL LACHENAUD / AFP
Partagez sur :
Un reportage de "Zone interdite" diffusé dimanche dénonce les mauvaises conditions de travail dans les Ehpad privés, où les personnels sont en sous-effectif. 

Un reportage dénonce, pour la deuxième fois en deux semaines, la "maltraitance" des personnes âgées dans des maisons de retraite privées en France, l'imputant à un sous-effectif chronique instauré pour préserver les bénéfices des groupes qui les gèrent, en particulier Les Opalines et Orpéa.

Programmé dimanche à 21h sur M6, le reportage de Zone interdite "Maisons de retraite, maintien à domicile : le scandale des personnes âgées maltraitées" s'intéresse aux Ehpad privés.

Toilettes bâclées et menaces de sévices. Dans ces établissements médicalisés pour personnes âgées dépendantes dont un quart appartient à des groupes privés aux "bénéfices record", le personnel travaille en flux tendu. Le reportage pointe un Ehpad du groupe Les Opalines, où une journaliste recrutée lors d'un entretien express comme aide soignante sans diplôme, a tourné des images en caméra cachée.

En sous-effectif chronique, les soignants y travaillent à un rythme effréné, effectuant des toilettes bâclées, des couchers "en moins de sept minutes", ignorant les demandes des résidents, voire les menaçant de sévices, dans deux séquences particulièrement pénibles.

Une aide-soignante condamnée pour avoir frappé une résidente. À Nîmes, dans un Ehpad du groupe Les Opalines, un résident très âgé qui faisait de multiples chutes après un AVC s'est fait de multiples plaies qui, mal soignées, ont entraîné son décès, selon l'hôpital qui l'a reçu, témoigne sa fille dans le reportage.

Dans cet établissement, une aide-soignante "au bord du burn-out" a frappé une résidente, rapportent sa fille et une agent d'entretien. Suite aux plaintes de plusieurs familles, elle a été condamnée à cinq ans d'interdiction d'exercice et à de la prison avec sursis.

Un budget alimentaire d'un euro par repas. Cette recherche d'économie "touche toutes les dépenses liées à l'hébergement des résidents" dans un Ehpad appartenant au groupe Orpéa, alors que leurs familles paient entre 2.000 et 3.000 euros par mois, affirme le reportage, s'appuyant sur des témoignages internes.

Très restreint, le budget alimentaire y est d'un euro par repas : filmés par un salarié, les repas s'avèrent de piètre qualité et les résidents se plaignent avec aigreur - l'un d'eux affirme avoir perdu 6 kg.

Les aides à domicile également "débordées". Plus largement, le reportage dénonce "une défaillance alarmante de la prise en charge de nos aînés" dépendants : quand ceux-ci restent à domicile, ils sont souvent accompagnés par des "enfants aidants au bout du rouleau" ou des aides à domicile "débordées".

Alors que près d'un million de personnes ont plus de 90 ans en France, "un chiffre en constante augmentation", le reportage souligne la nécessité d'améliorer la prise en charge des personnes âgées.

Dans un sujet diffusé le 20 septembre, l'émission Envoyé spécial sur France 2 avait elle aussi pointé de graves carences dans les soins apportés aux résidents, dans plusieurs Ehpad des groupes Orpéa et Korian.