Ce mardi 22 septembre, un drapeau palestinien a été hissé sur le fronton de la mairie de Vénissieux (Rhône). Une initiative du maire insoumis de cette ville de la banlieue lyonnaise, à l'occasion du premier anniversaire de la reconnaissance par la France de l'État de Palestine. Mais les habitants ne sont pas tous unanimes sur cette décision.
Un maire peut-il déposer un drapeau palestinien sur le fronton de sa mairie ? Sur le plan légal, les communes doivent suivre une question de neutralité. Par la même, encore faut-il que la population soit en accord avec cette décision. À Vénissieux (Rhône), l'initiative du maire insoumis, Idir Boumertit, a suscité la polémique.
En effet, l'élu de gauche a décidé d'en hisser un à l'Hôtel de Ville ce mardi 22 septembre. Le drapeau devrait être vite retiré, mais la polémique est bel et bien déclenchée.
Une possible amende en cas de non-retrait
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, l'édile se met en scène en train de placer lui-même deux drapeaux palestiniens sur le fronton de sa mairie, à côté de deux drapeaux français. Son but, commémorer le premier anniversaire de la reconnaissance de l'État palestinien par la France, le 22 septembre 2025, dans un discours d'Emmanuel Macron aux Nations unis.
Mais ce geste n'est pas du goût de tous les habitants de Vénissieux. "Je suis contre, ce n'est pas à mettre sur une mairie. On est en France, on appartient à l'Europe, on s'arrête là", déclare une habitante.
De son côté, un homme dit ne pas "comprendre" l'intérêt et juge qu'il s'agit d'un "parti-pris" : "quand on est le maire, on est le maire de tout le monde, on a pas à prendre un parti en particulier" estime-t-il. Enfin, une dernière personne rencontrée par Europe 1, estime que même "s'il a ses idées", le maire "ne devrait pas tout mélanger".
Ce mardi soir, la préfecture du Rhône a fait savoir qu'elle a demandé au maire de la ville de retirer sans délai ce drapeau palestinien, pour une question de neutralité des bâtiments publics. S'il n'agit pas, il peut subir une saisie du tribunal administratif qui, en juillet dernier, avait condamné le maire insoumis d'une autre ville de la banlieue lyonnaise, Vaulx-en-Velin, à une astreinte de 100 euros par jour pour le même motif.
De son côté, le maire de Vénissieux a indiqué que le drapeau sera retiré demain. À noter que dans les Hauts-de-Seine, le préfet a saisi la justice pour faire retirer les drapeaux palestiniens du fronton de trois mairies : Nanterre, Bagneux et Malakoff.