Immeubles effondrés à Marseille : "Plusieurs fois, on leur a dit que ça allait s'effondrer"

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Immeuble effondré à Marseille 1280 1:15
© Nathalie Chevance pour Europe 1
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Plusieurs locataires de l'un des immeubles qui s’est écroulé à Marseille avaient alerté les propriétaires et la municipalité sur la fragilité de l'édifice, malgré des travaux réalisés en octobre.
REPORTAGE

Le bilan s'alourdit à Marseille. Un sixième corps a été retrouvé sous les gravats des immeubles qui se sont effondrés lundi. Et la colère des habitants monte. Dans la cité phocéenne, 40.000 logements privés sont déclarés potentiellement indignes, soit 13% du parc des résidences principales, selon un rapport du gouvernement de 2015.

Parmi les trois immeubles effondrés de la rue d'Aubagne, l'un d'eux était une copropriété d'une dizaine d'appartements, un bâtiment délabré, fissuré et insalubre. Autant de fragilités signalées aux propriétaires et à la mairie, ce qui, face au drame, nourrit désormais l'indignation des locataires.

"On leur a dit que ça allait s'effondrer". Pierre, 23 ans, se considère ainsi comme un miraculé. Ce jeune homme payait 370 euros de loyer pour un 27m² dans cet immeuble qui, désormais, n'est plus qu'un tas de gravats. Depuis un an, l'édifice était sous le coup d'un arrêté de mise en péril. "Plusieurs fois, on leur a dit que ça allait s'effondrer. Il y avait des fissures sur les murs, dans le hall d'entrée", rapporte Pierre. "Dès le vendredi, on est parti de nous-même parce que l'on voyait les murs bouger".

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"Une fin dramatique". Le 18 octobre, les habitants avaient déjà été évacués alors que l'un des murs du hall d'entrée menaçait de s'écrouler. Des travaux ont été réalisés dans la foulée, et un expert avait même autorisé les locataires à rentrer chez eux. Pas de quoi rassurer Sophie qui, ces derniers jours, avait continué d'alerté le syndic, en vain. "Rien n'a été fait. Les murs bougeaient, on l'a vu, on le disait. Ma voisine était régulièrement enfermée chez elle. Je devais donner un coup de pied pour la libérer", raconte-t-elle. "Ils auraient dû nous écouter, nous évacuer. Ma voisine de palier est aujourd'hui sous les décombres, c'est une fin dramatique", déplore-t-elle, la gorge nouée par l'émotion.

La jeune femme a porté plainte et n'attend qu'une chose, que la chaîne des responsabilités soit établie.

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par Romain David