Immeubles effondrés à Marseille : "dès vendredi, on est partis de nous-mêmes parce qu'on voyait des fissures apparaître"

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Marseille, rue d'Aubagne, effondrement, Nathalie Chevance / Europe 1, 1280 1:37
Les recherches continuent dans les décombres. © Nathalie Chevance / Europe 1
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Pierre habitait l'un des deux immeubles qui s'est effondré lundi à Marseille. "Dans le hall d'entrée, ça commençait à se fissurer de partout", témoigne-t-il sur Europe 1. 
TÉMOIGNAGE

Rue d'Aubagne à Marseille, la pelleteuse est toujours en action après la découverte de quatre corps mardi, sous les décombres des deux immeubles qui se sont effondrés la veille. Les marins-pompiers progressent en grattant doucement à la pelle à la surface. Ils s'arrêtent, écoutent, font passer les chiens à la recherche de poches de vie et reprennent les fouilles. Le tout sous les yeux des rares rescapés du numéro 65 de la rue.

"Dès vendredi, on est partis de nous-mêmes." Cette copropriété de dix appartements n'est plus qu'un amas de gravats, l'immeuble s'étant effondré sur lui-même. Pierre, 23 ans, habitait là. D'après lui, lundi matin, juste avant que tout s'écroule, des locataires ont alerté que les murs avaient bougé, qu'ils ne pouvaient plus ouvrir leur porte d'entrée, pris au piège. Cette situation de péril durait depuis plusieurs semaines. Le syndic, les propriétaires étaient au courant, selon lui. 

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"On leur a parlé plusieurs fois. On leur a dit : 'Ça va s'effondrer, c'est sûr. Il y a des fissures qui arrivent sur le mur.' Dans le hall d'entrée, ça commençait à se fissurer de partout. Dès vendredi, on est partis de nous-mêmes parce qu'on voyait des fissures apparaître. On ne pouvait même plus prendre de douche. On voyait les murs bouger. On s'est dit 'ce n'est pas possible' donc on est partis", confie Pierre au micro d'Europe 1.

Les locataires autorisés à regagner l'immeuble après des travaux. "On a déjà vu le syndic, on payait un loyer. Il y a des gens qui sont restés enfermés alors que l'immeuble s'est effondré", déplore-t-il par ailleurs. Cet immeuble était effectivement sous le coup d'un arrêté de péril imminent depuis la mi-octobre. Des travaux avaient été engagés mais les locataires qui payaient en moyenne 400 euros par mois pour un T2 avaient eu l'autorisation de regagner les lieux.

Mardi midi, les marins-pompiers ne cachaient pas leur inquiétude concernant une douzaine d'immeubles. Les fouilles, elles, risquent de durer une semaine. Au total, selon les autorités, 5 à 8 personnes pourraient avoir été ensevelies.

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par Grégoire Duhourcau