Hôpitaux saturés, classes fermées... En Seine-Seine-Denis, "c'est de plus en plus difficile"

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Les hôpitaux de Seine-Saint-Denis sont saturés. 1:56
Les hôpitaux de Seine-Saint-Denis sont saturés. © Bertrand Guay/AFP
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En Seine-Saint-Denis, département où le taux d'incidence du coronavirus est le plus élevé de France, les hôpitaux sont saturés par l'afflux constant des patients Covid. "On a déjà du mal à trouver des lits aux patients qui arrivent", alerte lundi sur Europe 1 le chef du service des urgences de l'hôpital de Bobigny. 
INTERVIEW

La Seine-Saint-Denis est le département où le taux d'incidence du coronavirus est le plus élevé de France. Frédéric Adnet, chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny, ne cache pas son inquiétude. "L'afflux constant de patients depuis des mois a fini par saturer nos lits", explique-t-il lundi au micro d'Europe 1. Dimanche, il était l'un des 41 médecins de l'AP-HP qui écrivaient, dans une tribune au JDD, se préparer à devoir "faire un tri des patients" pour faire face à la troisième vague de Covid-19. 

"On a déjà du mal à trouver des lits aux patients qui arrivent. Ce week-end, on avait 50 patients à dispatcher dans la région. Mais le système est complètement tendu, c'est de plus en plus difficile", raconte Frédéric Adnet. Il craint d'ici quelques jours d'avoir à déprogrammer des interventions chirurgicales urgentes. "Les prévisions liées au variant anglais, plus transmissible, risquent de nous faire déborder." 

Jean-Christophe Lagarde demande la fermeture des écoles

Dans le département, de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer des mesures sanitaires plus fortes, notamment dans les écoles. Les tests salivaires et la multiplication des cas de Covid "démontrent une circulation très active du virus" dans les établissements scolaires, a déploré Jean-Christophe Lagarde, député UDI de Seine-Saint-Denis. Il a écrit lundi au président de la République pour lui demander la fermeture sans délai des établissements. "On va droit dans le mur, il est temps que monsieur Macron arrête ce mécanisme mortifère", a-t-il alerté au micro d'Europe 1. 

Bien que préoccupé, Frédéric Adnet ne fait pas des écoles une priorité. "Je pense que l'école est le dernier rempart, le dernier élément sur lequel agir. Fermer les écoles dans un département aussi pauvre que la Seine-Saint-Denis, c’est renforcer les inégalités et l'échec scolaire." Il conclut : "Mais ce n'est pas aux médecins de décider, c’est aux politiques de trancher. Moi je suis là pour sonner l’alerte."

Europe 1
Par Laetitia Drevet