Hôpital public : des milliers de manifestants dénoncent "un foutage de gueule"

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À Paris, la manifestation a été marquée par des heurts sporadiques entre les forces de l'ordre et des manifestants en fin de cortège sur la place de la Bastille. Les gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogène. © Capture @TheoManeval
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Quelques heures après les cérémonies du 14-Juillet, qui ont largement mis à l'honneur les soignants, des milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs villes de France pour dénoncer, entre-autres, les accords du "Ségur de la santé". Europe 1 était dans le cortège parisien, avec les soignants, les gilets jaunes et beaucoup d'autres.
REPORTAGE

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Paris et en région à l'appel d'une dizaine d'organisations syndicales, dont SUD et la CGT, pour dénoncer les accords conclus lors du "Ségur de la santé", jugés insuffisants face aux besoins de l'hôpital public, notamment face à l'épidémie de coronavirus. À Paris, la manifestation a rassemblé plusieurs milliers de personnes, depuis la place de la République jusqu'à celle de la Bastille. Le défilé était organisé quelques heures après la cérémonie d'hommage aux personnels soignants, place de la Concorde, dans le cadre des célébrations du 14-Juillet. Parmi les manifestants, certains venaient d'un rassemblement organisé par des "gilets jaunes" devant l'Inspection générale de la police (IGPN) afin de dénoncer les violences policières. Europe 1 y était.

"On est dégoûté"

"Pas des héros, la médaille au chocolat, on n’en veut pas !" Des mots écrits au marqueur bleu, sur les blouses blanches. On pouvait les voir dans les cortèges, en référence à la cérémonie du matin, lors de laquelle de nombreux soignants étaient invités. "Les 183 euros en 2021, divisé en deux, c’est juste du gros foutage de gueule", dénonce Muriel, cadre de santé dans un EHPAD.

Les résultats du "Ségur" sont donc au cœur de la colère. Les concessions faites par les syndicats signataires dépriment, carrément, certains soignants de l’hôpital public. Comme Camille, infirmière en réanimation à Paris : "On est dégoûté. On se rend compte que les négociations ont abouti à la fois à nous faire travailler plus, jusqu'à 40 heures par semaine, et nous faire reposer moins. On vient de vivre une crise majeure, qui nous a épuisé, et on nous dit qu'on va travailler plus". "On nous annonce des embauches, mais qui va vouloir venir travailler avec un salaire minable ?", renchérit un de ses collègues dans le cortège.

Des gilets jaunes en soutien

Ces infirmiers, radiothérapeutes, ou aide-soignantes ont également reçu le soutien, parfois houleux, des gilets jaunes, mais aussi de nombreuses autres professions de la culture, ou du tourisme. Étaient également présents dans le cortège parisien le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez et le député LFI Eric Coquerel. Manifestation qui s’est terminée, comme un clin d’œil, au pied de l’Opéra Bastille dont l’écran géant affiche, depuis plusieurs jours, des messages de soutien à tous les soignants.

Des heurts sporadiques en fin de cortège

La manifestation a été marquée par des heurts sporadiques entre les forces de l'ordre et des manifestants en fin de cortège. Les gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogène. Par ailleurs, deux personnes ont été brièvement interpellées par les forces de l'ordre pour "survol d'une zone interdite" après avoir lâché en l'air des ballons sur lesquels était accrochée une banderole anti-macron pendant le défilé du 14 juillet place de la Concorde.

À Lyon, quelque 500 personnes, parmi lesquelles de nombreux "gilets jaunes", ont également défilé derrière une banderole "premiers de corvées, derniers considérés". A Bordeaux, ils étaient entre 150 et 200, réunis dans le centre-ville. À Toulouse, 250 personnes selon la police et 400 selon les organisateurs ont pris part à la manifestation. Pour Joël, éducateur dans le médico-social et représentant SUD, "on parle beaucoup de la santé mais nos problèmes se recoupent et nous souffrons aussi d'une gestion comptable".