Grève dans l’Éducation : "On est oubliés depuis des décennies"

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Le mouvement contre la réforme des retraites devrait encore très suivi mardi dans l’Éducation nationale. Nicolas Glière, professeur dans un collège, explique sur Europe 1 les raisons de la colère du monde enseignant.
INTERVIEW

La nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, mardi, devrait à nouveau être fortement suivie chez les professeurs. Nicolas Glière, enseignant dans un collège du 20e arrondissement de Paris et "stylo rouge" (mouvement de contestation de professeurs, inspiré des "gilets jaunes"), explique les raisons de cette contestation. "Les enseignants ont le plus à perdre, on a l’impression qu’on est oubliés depuis des décennies. Tous les pouvoirs politiques nous ont abandonnés, ont oublié de nous augmenter, de revaloriser nos indices", assure-t-il sur Europe 1. 

"Notre première revendication c’est le pouvoir d’achat. Augmenter nos salaires, c’est nous respecter. On exige une augmentation de salaire, mais aussi un rattrapage. Ça fait 40 ans qu’on nous oublie", poursuit-il. Le professeur, qui gagne 1.850 euros net par mois avec 12 ans d'expérience, demande "43%", soit "1.000 euros" d'augmentation par mois pour cesser la grève. 

"Il y a de l'argent pour le CICE et l'ISF, mais pour l'avenir des enfants du pays" 

"Toutes nos demandes ont été validées, en estimant qu’elles sont légitimes et justes, qu’il y a parfois des problèmes avec la hiérarchie. Des inspecteurs et des chefs d’établissements sont déconnectés des réalités", critique Nicolas Glière. "On a été écoutés mais pas entendus. On nous renvoie à Bercy, on nous explique qu’il n’y a pas d’argent mais bizarrement pour le CICE et l’ISF il y en a. Il n’y a pas d’argent pour l’avenir des enfants du pays, pas pour les enseignants, pas pour les hôpitaux. Il n’y a de l’argent que pour les secteurs de ‘winners’ de monsieur Macron", juge-t-il.