Les syndicats dénoncent une tentative de déstabilisation. 1:36
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Aude Vernuccio avec AFP , modifié à
Cette prime était jusqu'alors versée à des "cadres de direction issus de la conduite" amenés à conduire occasionnellement un train. Les syndicats dénoncent une tentative de déstabilisation.

La direction de la SNCF a proposé à des cadres une prime pour les inciter à conduire des trains pendant la grève qui doit débuter lundi soir, ont indiqué dimanche des sources syndicales qui dénoncent une tentative de déstabilisation du mouvement. "Depuis la semaine dernière", la direction "propose une prime de conducteur occasionnel" à des "cadres opérationnels qui ne la touchaient pas jusqu'à présent", a indiqué Erik Meyer (SUD-Rail), confirmant une information de franceinfo.

"Pressions exercées". Cette prime mensuelle d'un montant de "150 euros" était jusqu'alors versée à des "cadres de direction issus de la conduite" amenés à conduire un train de temps en temps, "une fois par trimestre", a expliqué Eric Meyer. La direction "a commencé à étendre ce dispositif" aux "cadres traction", les "chefs d'équipe" des agents de la conduite, leur proposant cette prime "de manière pérenne", a-t-il précisé.

Casser le droit de grève. Sur Europe 1, lundi, Bruno Poncet, directeur général adjoint du syndicat Sud Rail, a jugé que cette prime était un moyen de contourner le droit de grève. "C'est une vraie envie du gouvernement et de l'entreprise de casser la grève et de monter les cheminots les uns contre les autres. C'est ridicule. Ce n'est pas comme ça qu'ils vont réussir. Ils feraient mieux de venir aux tables des négociations", pointe le syndicaliste. 

Le syndicat Sud rail dénonce encore d'autres pratiques : lors de la grève du 22 mars dernier, il affirme que la SNCF aurait sollicité une dizaine d'agents de maintenance britanniques de l'Eurostar pour remplacer des salariés grévistes français. Une accusation démentie par la direction.

 

"Personne n'a jamais été empêché de faire grève à la SNCF", réagit Pepy

Dimanche soir, le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, s'est dit "vraiment choqué de cette polémique" autour de la prime.  "Personne n'a jamais été empêché de faire grève à la SNCF. Sinon, ça se saurait", a-t-il expliqué au 20H de France 2. Il a fait valoir que "cette prime existe depuis le 1er janvier".