Grenades GLI-F4 : "ce sont des armes à feu, des armes de champ de bataille"

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Alors qu’un manifestant a eu une main arrachée en marge de "l’acte 13" des "gilets jaunes" samedi, un collectif d’avocats milite pour faire interdire l’usage des grenades explosives GLI-F4.

INTERVIEW

Après le lanceur de balles de défense, haro sur les grenades GLI-F4 : un collectif d’avocats va saisir le Conseil d’Etat pour demander la suspension de l’utilisation de ces grenades par les forces de l’ordre, responsables de graves blessures, notamment en marge du mouvement des "gilets jaunes", selon le collectif. "C’est une arme dangereuse, susceptible d’entraîner des mutilations extrêmement graves. C’est une arme à feu, une arme de champ de bataille", s’alarme sur Europe 1 lundi Maître Aïnoha Pascual, avocate au barreau de Paris.

Comme "un avion au décollage". A ne pas confondre avec des grenades de désencerclement ou des grenades lacrymogènes, qui leur ressemblent, les grenades GLI-F4 contiennent une charge explosive de 25 grammes de TNT, une composante lacrymogène et une charge assourdissante : "lors de son exposition, on atteint 165 décibels, ce qui correspond à peu près à un avion au décollage", compare Aïnoha Pascual. "Ce sont des armes à feu, des armes militaires utilisées dans le cadre du maintien de l’ordre. Contrairement au lanceur de balles de défense, il y a un risque avéré et reconnu par la gendarmerie nationale et par la police nationale de la létalité de cette arme", avertit encore l’avocate.

La létalité de cette arme reconnue. Dans un rapport conjoint publié en 2014, l’Inspection générale de la police nationale et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale ont en effet conclu à la létalité des grenades GLI-F4. "C'est pourquoi il serait faux de dire que seules sont blessées les personnes qui auraient tenté de ramasser ces armes. Nous avons des cas de mutilations énormes pour lesquels nous avons été saisis et qui ne concernent pas que les mains", souligne Aïnoha Pascual, en évoquant des "parties de pied arrachées", les "petits morceaux de plastique de la grenade qui viennent se loger dans la chair", ou encore un manifestant qui a perdu l’audition de manière irréversible à cause d’une grenade GLI-F4.

 

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"Les manifestants ne savent pas ce que c’est, ils ne savent pas distinguer une grenade explosive d’une grenade qui ne l’est pas", argue l’avocate. De son côté, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait valoir lundi que ces armes dites intermédiaires sont "indispensables pour éviter du corps à corps" entre manifestants et forces de l’ordre. Ce type de grenade serait à l’origine de la grave blessure d’un manifestant samedi, causée en marge de "l’acte 13" des "gilets jaunes", qui a eu sa main arrachée.