"Gilets jaunes" : 4 personnes gravement blessées à l’œil à la suite d'interventions policières depuis le début du mouvement, selon Castaner

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Le collectif "Désarmons-les" et le journaliste David Dufresne ont, eux, recensé 17 personnes ayant perdu un oeil à la suite d'interventions policières depuis le 17 novembre.

Quatre personnes ont été gravement blessées à l’œil à la suite d'interventions policières depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" le 17 novembre, a affirmé Christophe Castaner mardi lors d'une audition devant les députés membres de la commission des Lois.

L'IGPN saisie de 81 enquêtes. "Il y a eu quatre personnes qui ont eu des atteintes graves à la vision. Certains pouvant effectivement perdre un oeil", a affirmé le ministre de l'Intérieur, précisant que la police des police (IGPN) avait été saisie de 81 enquêtes. Le collectif militant " Désarmons-les " et le journaliste indépendant David Dufresne ont, eux, recensé 17 personnes ayant perdu un œil à la suite d'interventions policières depuis le début du mouvement. 

"Sur ces 81 enquêtes judiciaires au titre des projectiles tirés par LBD, il y a quatre pertes de vision. Aucune n'est acceptable mais toutes doivent faire l'objet d'une enquête pour déterminer les raisons avec lesquelles cela s'est produit et les conditions dans lesquelles cela s'est passé", a précisé le ministre.

L'usage de ce type d'armes de force intermédiaire de maintien de l'ordre lors des manifestations nourrit la colère des manifestants et a été décrié par plusieurs personnalités. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a ainsi récemment redemandé leur "suspension", en raison de leur "dangerosité". Mais Christophe Castaner a répliqué que sans le "LBD", il y aurait encore "plus de blessés". Le gouvernement déplore depuis la mi-novembre près de 2.000 blessés côtés manifestants, et 1.000 chez les forces de l'ordre, sans plus de précisions.

"Une centaine d'individus" pourraient être visés par les interdictions de manifester. Le ministre a également estimé qu'une "centaine d'individus" étaient susceptibles d'être visés par des interdictions de manifester prévues par la proposition de loi controversée pour prévenir les violences lors des manifestations. 

Ce dispositif vise "une centaine d'individus appartenant souvent à des groupuscules qui viennent systématiquement casser dans les manifestations", a précisé Christophe Castaner, rappelant que le dispositif était proche de celui qui permet "de gérer les hooligans dans les stades".

Après des débordements de "gilets jaunes", Édouard Philippe a annoncé le 7 janvier une nouvelle loi "anticasseurs", qui prévoira notamment un fichier à l'image de celui antihooligans réclamé par des syndicats de policiers.