Gastronomie : l'ancien chef gascon André Daguin est mort

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Le Chef André Daguin avait reçu deux étoiles au guide Michelin, la première en 1960, et la seconde dix ans plus tard.
Le Chef André Daguin avait reçu deux étoiles au guide Michelin, la première en 1960, et la seconde dix ans plus tard. © FRANK PERRY / AFP
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André Daguin est décédé d'un cancer du pancréas mardi à l'âge de 84 ans. Le chef doublement étoilé avait donné ses lettres de noblesse au magret de canard. Il a également été président de la Fédération nationale de la restauration française, avant de faire de la baisse de la TVA à 5,5% son cheval de bataille.

André Daguin, l'ancien chef étoilé et charismatique patron des restaurateurs français dans les années 2000, est décédé mardi à Auch à l'âge de 84 ans, a-t-on appris auprès de sa fille.

Les lettres de noblesse du magret de canard

"Il s'est éteint mardi, paisiblement, ma mère était à ses côtés, elle lui tenait la main. Il s'est battu jusqu'au bout contre un cancer du pancréas", a indiqué à l'AFP sa fille Ariane Daguin, confirmant une information du quotidien Sud-Ouest. André Daguin avait donné ses lettres de noblesse au magret de canard. Il est décédé à son domicile d'Auch, à deux pas de l'Hôtel de France où trois générations de Daguin se sont succédé jusqu'en 1997, année où il avait cédé l'affaire au chef Roland Garreau. A sa sortie de l'école hôtelière, il avait repris le restaurant familial, où il avait reçu en 1960 une première étoile Michelin et, dix ans plus tard, une seconde.

Président de la Fédération nationale de la restauration française

En 1991, ce Gascon, père de trois enfants, était devenu président de la Fédération nationale de la restauration française puis, en 1997, de la Fédération nationale de l'industrie hôtelière (FNIH). Il avait abandonné alors définitivement les fourneaux pour devenir porte-drapeau des hôteliers-restaurateurs, pendant une dizaine d'années. A ce titre, André Daguin avait mené dans les années 2000 un combat pour la baisse de la TVA à 5,5% (contre 19,6%) dans la restauration. Une mesure dont il avait fait son cheval de bataille et qui était entrée en vigueur en juillet 2009.

"L'hôtellerie-restauration est en deuil. La profession est très très triste de perdre un grand défenseur et un ambassadeur de la restauration, et des bons produits", a réagi auprès de l'AFP l'actuel président de l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), Roland Héguy.

Une "figure de l'Occitanie"

"Une grande figure de l'Occitanie nous quitte", a réagi la présidente (PS) de la Région Occitanie, Carole Delga, sur Twitter. "Par son travail et son talent, André Daguin a révolutionné la cuisine du sud-ouest, lui donnant un écho international. Nous avions travaillé main dans la main pour mettre en place le label 'fait maison'", a-t-elle ajoutée.

"Un grand chef nous a quittés. Homme engagé pour la défense du terroir, des bons produits et de la cuisine française", a regretté dans un tweet le chef des cuisines de l'Elysée, Guillaume Gomez. "Il va cruellement manquer au Gers", a relevé le président du Conseil départemental Philippe Martin: "André Daguin aura été, tout au long de sa vie, le plus extraordinaire et le plus intransigeant défenseur de notre Gascogne".