Fibre optique : SFR inquiète les opérateurs des zones peu denses

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SFR a décidé de "fibrer" toute la France
SFR a décidé de "fibrer" toute la France © ERIC PIERMONT / AFP
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Inquiets pour les investissements à venir, les opérateurs de Réseaux d'initiative publique ont demandé au gouvernement de leur donner la possibilité de refuser le déploiement du réseau fibré par SFR.

Les opérateurs de Réseaux d'initiative publique (RIP) ont demandé vendredi au gouvernement de donner aux collectivités locales les moyens de refuser le déploiement d'un réseau fibré par l'opérateur SFR, qui a annoncé début juillet son intention de fibrer toute la France.

"Sécuriser les investissements". Les RIP, qui reposent sur un partenariat public-privé dans la majorité des cas, prévoient le déploiement de la fibre optique, sous la direction des collectivités territoriales, le plus souvent les départements ou les régions, dans les zones les moins denses du territoire. Dans un communiqué, les acteurs des RIP demandent au gouvernement de "sécuriser les investissements publics et privés réalisés en zone peu denses".

La possibilité de refuser la fibre de SFR. "Nous demandons que l'État donne les moyens aux collectivités de refuser tout déploiement d'opérateur privé venant concurrencer un projet RIP, initié afin de combler la carence historique d'investissement sur ces zones. Neuf millions de prises sont aujourd'hui concernées (sur un potentiel de 15 millions à terme), représentant plus de 10 milliards d'investissements", a déclaré le président de la FIRIP, la fédération des industriels des RIP, Etienne Dugas.

SFR, filiale du groupe de médias et télécoms Altice, avait annoncé début juillet son intention de "fibrer l'intégralité du territoire" d'ici 2025 "sans argent public", ajoutant que cet objectif ne nécessiterait pas d'augmenter son niveau d'investissement actuel en infrastructures.

"On ne part pas d'une page blanche". Mercredi, devant deux commissions du Sénat, le président de l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep), Sébastien Soriano, avait rappelé qu'"on ne part pas d'une feuille blanche, les territoires se sont mobilisés depuis 2011, ceux qui ont [regardé] passer les trains n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes". Sébastien Soriano avait cependant ouvert la porte à la possibilité de déploiement par SFR dans les zones les moins denses en estimant que des collectivités pouvaient parfaitement s'engager avec l'opérateur dans ce sens plutôt que de s'engager financièrement elles-mêmes.

"Dans les territoires qui le choisiraient, les intentions d'investissement de SFR doivent être très clairement écrites et être juridiquement contraignantes, elles seront dès lors contrôlées par l'Arcep qui pourra imposer des sanctions en cas de non-respect de ces engagements", avait néanmoins souligné le président de l'Arcep.