Plusieurs familles regrettent la refonte du mode de calcul du complément de libre choix du mode garde (CMG) qui, selon elles, auraient fait plus de perdants que de gagnants. Avec le risque que certains foyers décident de moins travailler pour réduire le nombre d'heures de garde. La commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale plaide pour un réajustement.
C'est une réforme qui n'a visiblement pas eu l'effet escompté. Il y a près d'un an, en septembre 2025, le mode de calcul du complément de libre choix du mode de garde (CMG) a été revu en profondeur. Cette aide est versée chaque mois à environ 800.000 familles afin de les soutenir dans le financement de la garde de leur enfant.
En septembre dernier, le gouvernement souhaite donc personnaliser davantage cette aide en prenant en compte plus de critères et en revoyant les conditions d'attribution. Sont désormais considérés les revenus de la famille, le nombre d'enfants, le nombre d'heures de garde dont la famille a besoin mais aussi le salaire de la personne qui garde l'enfant.
Or il semblerait qu'un an plus tard, les calculs ne soient pas bons. "La réforme a notamment été perçue comme une complication de l’ensemble des dispositifs existants et ne semble pas avoir permis de soutenir les familles des classes modestes et moyennes, même si nous manquons encore de recul sur les effets de la réforme", juge Thibault Bazin, député LR et rapporteur général de la Commission des affaires sociales.
63% de perdants ?
Concrètement, de nombreuses familles se seraient retrouvées perdantes avec le nouveau mode de calcul, avec un reste à charge plus élevé. Y compris certains foyers qui devaient théoriquement bénéficier d'une aide plus conséquente. "Les seuils viennent rapidement pénaliser les couples avec deux revenus. Il serait intéressant d’approfondir les effets comportementaux induits par cette augmentation du reste à charge pour les familles perdantes", développait Thibault Bazin en mai dernier en commission des Affaires sociales.
Un problème que soulignait déjà l'Union nationale des associations familiales (Unaf) au printemps dernier. Dans une enquête menée auprès des foyers, il ressortait que 39% des bénéficiaires ont vu leur aide réduite et que 43% des familles qui sollicitent une garde d'enfant entre 125 et 150 heures par mois sont elles aussi perdantes. Au total, 63% des 1.792 parents interrogés par l'Unaf se disent lésés par la réforme. Une réalité qui "peut avoir des effets sur l'emploi", souligne Thibault Bazin.
Moins travailler pour économiser des frais de garde
C'est en effet le risque numéro un pointé du doigt. Certains parents pourraient donc décider de travailler moins pour économiser des frais de garde. "Nous réfléchissons pour l’année prochaine d’arrêter la nounou et que je travaille à temps partiel", témoigne un couple biactif avec un seul enfant à charge auprès de l'Unaf. Un écueil que le gouvernement voudra sans doute éviter à tout prix. Décidera-t-il de revenir sur cette réforme du CMG ? Le député Thibault Bazin ainsi sa collègue Sylvie Bonnet, qui a mené les auditions, plaident en faveur d'un réajustement. Pas simple alors que l'exécutif est à la recherche d'environ 28 milliards d'euros d'économie pour le budget 2027.