Le Premier ministre Sébastien Lecornu travaille activement sur un projet de loi Finances pour l'année 2027. Et alors que le chef du gouvernement promet aucune augmentation et aucune création d'impôts, dans les faits, les principales pistes de l'exécutif pourraient faire augmenter le taux de prélèvement en France.
Alors que la préparation du projet de loi de finances est en cours, Sébastien Lecornu a promis de mettre la stabilité fiscale au cœur du prochain budget. Une formule choc utilisée par le Premier ministre : ni hausse ni création d'impôts.
Mais en réalité, le tableau sera moins clair que la formule utilisée par le chef du gouvernement. Ainsi, Sébastien Lecornu estime que malgré ce mantra, "cela n’empêchera pas d’interroger l’efficacité de certaines niches fiscales et de lutter contre la fraude et l’optimisation".
À un peu plus d’un mois de la présentation du projet de loi de finances, quelques avantages fiscaux semblent sur la sellette, comme l'abattement forfaitaire de 10% sur les pensions de retraite ou encore, la réduction d'impôt pour les frais de scolarité.
Mais le problème est que supprimer des niches fiscales revient déjà à augmenter les impôts, souligne l’économiste Anthony Morlaix Lavidalie. "On dit : 'pas de nouveaux impôts' mais quand on rabote les niches fiscales, ce que le gouvernement a un peu en tête, c’est au fond une hausse de prélèvements puisque qu’en fait, c’est moins d’allègements d’impôts ou moins de crédits d’impôts à la fin", souligne-t-il au micro d'Europe 1.
Retour des surtaxes précédemment votées
"Donc, à la fin, ça fera monter le taux de prélèvement obligatoire et donc, la masse totale des recettes publiques rapportées au PIB va augmenter”, poursuit l'économiste.
Autre sujet : ces impôts présentés comme exceptionnels et votés en 2025, qui ont été reconduits en 2026 et qui figureront probablement dans le prochain budget.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a déjà confirmé que la surtaxe d'impôt sur les sociétés pour les grands groupes sera de nouveau présente. Cela devrait être le cas aussi pour la contribution différentielle sur les hauts revenus.