Face à une relation toxique, "il faut absolument partir, le plus vite possible", témoigne l'ex-tenniswoman Marion Bartoli

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Au micro d'Europe 1, l'ancienne championne de tennis évoque la relation amoureuse toxique dont elle est longtemps restée prisonnière et qu'elle raconte dans un livre, "Renaître".
INTERVIEW

Comment revenir à soi après une relation amoureuse destructrice ? L’ex-championne de tennis Marion Bartoli publie Renaître aux éditions Flammarion. Dans cet ouvrage autobiographique, écrit en collaboration avec Géraldine Millet, elle revient sur l'emprise psychologique que lui a fait subir son ancien compagnon, après avoir mis fin à sa carrière sportive. "Ce livre s'adresse d'abord aux femmes qui souffrent. J'espère pouvoir aider d'autres femmes à s'en sortir plus rapidement que moi", a-t-elle expliqué vendredi, au micro de Nikos Aliagas, dans la matinale d'Europe 1.

"À partir du moment où on rentre dans une relation amoureuse aussi destructrice, on ne peut pas s'en sortir. On se dit qu'il va s'améliorer, changer, écouter ce qu'on lui dit. Mais non, il n'écoute jamais", raconte l'ancienne championne.

>> De 7h à 9h, c'est deux heures d'info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

L'impossibilité d'exister face à l'autre

Le phénomène d'emprise décrit par Marion Bartoli concernerait au moins 5 millions d'adultes en France. La proportion de femmes et d'hommes est à peu près équivalente, selon l'enquête qu'a menée l'Insee à ce sujet. Mais les femmes cumulent plusieurs formes d'atteintes, comme les insultes et les menaces, les manifestations de jalousie et les comportements dévalorisants. "Si on essaye de combler les remarques en s'améliorant, ce sera encore autre chose qui ne va pas aller, parce qu'éternellement, ça ne va jamais", raconte la sportive.

Plusieurs signes permettent d'identifier une relation toxique. La première alerte, c'est notre intuition, notre ressenti. Suis-je mal à l'aise et pourquoi ? Les difficultés à s'exprimer clairement en face de votre interlocuteur lorsque vous voulez lui faire part de vos doutes sont aussi un signe : l'autre nie vos difficultés, dévie, voire évite la conversation. Cette attitude ne fait pas de lui un pervers narcissique mais cette façon de couper court installe un climat et une relation toxiques. "Ça ne sert à rien de rester dans une relation comme celle-ci. Il faut absolument partir, et le plus vite possible. J'ai mis énormément de temps à en partir, alors que je pensais avoir de la force de caractère", confie Marion Bartoli. "J'ai failli dans ce domaine, quand il a fallu en remontrer, j'étais incapable de le faire."

Comment se libérer d’une relation toxique ? 

Pour parvenir à se libérer, il faut d'abord s'écouter et surtout ne pas croire que l'on sera plus fort. Il est conseillé également d'en dire le moins possible sur ses émotions, ne pas laisser de brèche dans laquelle l’autre pourrait s’engouffrer mais, à la longue, la vigilance peut avoir tendance à diminuer et surtout ce type de stratégie use. "Ma vie avait été consacrée au tennis auparavant, les relations amoureuses, vivre avec quelqu'un, je ne savais pas ce que c'était. Je n'avais aucune expérience et je me suis totalement laissée happer par cette personne qui ne voulait qu'une chose : me détruire", confie Marion Bartoli. "C'était sa pensée unique, sa seule obsession au quotidien."

Il n'y a rien à gagner face à une personnalité toxique, qu'elle soit perverse ou manipulatrice. Les spécialistes conseillent souvent la fuite, mais parler avec un psychologue ou un psychiatre est aussi une solution. "En sortir le plus rapidement possible, c'est le seul moyen de se reconstruire", assure la tenniswoman. Attention toutefois à ne pas voir non plus des manipulateurs et des gens toxiques partout.