Enseignant guinéen tué à Rouen : l'avocat de la famille du suspect ne croit pas à "l'agression raciste"

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Pour l'avocat du père du suspect interpellé à la suite de la mort violente d'un enseignant-chercheur guinéen vendredi, l'agression n'est pas une agression raciste. 

L'avocat du père du suspect interpellé à la suite de la mort violente de Mamoudou Barry, enseignant-chercheur guinéen, près de Rouen vendredi, ne pense pas que le mis en cause puisse "être à l'origine d'une agression raciste". "A considérer que le jeune homme que je connais ait été à l'origine des faits, j'ai un gros doute sur le mobile. Je ne pense pas que Damien puisse être à l'origine d'une agression raciste", a déclaré Selçuk Demir, avocat de Mehmet A., père du suspect interpellé lundi.

"Le jeune homme a grandi dans un quartier populaire avec des gens d'origines et de confessions diverses. Je n'imagine pas une seconde qu'il ait pu agresser quelqu'un en raison de sa couleur ou de sa religion", a affirmé Me Demir qui dit l'avoir défendu par le passé "pour des délits mineurs de jeunesse".

Il avait déjà suivi des soins dans un hôpital psychiatrique

Mehmet A. devait être auditionné lundi par les services de police avant que ce ne soit annulé en raison de l'interruption de la garde à vue de son fils pour raison médicale. Lundi soir, le parquet de Rouen a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire.Selon Me Demir, Damien A, âgé de 29 ans et père d'un petit enfant, est né d'un père turc et d'une mère française. Placé sous curatelle, il travaillait de manière irrégulière dans le bâtiment, vivait à Sotteville-lès-Rouen dans un foyer et avait déjà suivi des soins dans un hôpital psychiatrique de l'agglomération. "Son père a adressé ses condoléances à la famille de Mamoudou Barry. Il a indiqué, par mon intermédiaire, qu'il était prêt à les rencontrer", a indiqué Me Demir.

"Il y a encore beaucoup de zones d'ombre dans cette histoire"

"Il y a encore beaucoup de zones d'ombre dans cette histoire. Il est difficile d'être aussi catégorique que certains ne le sont", a déclaré l'avocat. "Mettre fin à une garde à vue aussi rapidement et dans un dossier aussi grave montre qu'il y a de sérieuses interrogations sur son état de santé", a-t-il encore estimé.

Une marche blanche doit être organisée vendredi, qui partira de l'université de Rouen à 15h. "Sa directrice de thèse, un des professeurs de l'université de Rouen et l'avocat de la famille prononceront quelques mots", selon un message diffusé sur Facebook du groupe "Solidarité pour Mamoudou".