L'ESSENTIEL - "Gilets jaunes" : 125.000 manifestants en France, 1.385 interpellations

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Des incidents ont éclaté dans plusieurs manifestations de "gilets jaunes", samedi en région, notamment à Toulouse, Marseille ou Bordeaux. La journée a été plus calme que prévu à Paris.

L'ESSENTIEL

Le premier bilan de "l'acte 4" de la mobilisation des "gilets jaunes" est tombé samedi soir. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 125.000 manifestants ont été recensés sur l'ensemble du territoire, contre 136.000 la semaine dernière. Les forces de l'ordre ont procédé à 1.385 interpellations, tandis que 118 personnes ont été blessées. Plusieurs incidents ont eu lieu en région, notamment lors de rassemblements à Toulouse, Marseille ou Bordeaux, alors que la journée a été plus calme que prévu à Paris.

Les principales informations à retenir :

  • 125.000 "gilets jaunes" ont manifesté en France samedi, contre 136.000 la semaine dernière
  • Près de 1.385 interpellations ont eu lieu, dont 975 gardes à vue 
  • Des incidents ont éclaté dans plusieurs grandes villes. Il y a un blessé grave à Bordeaux

Le bilan : 125.000 manifestants, 1.385 interpellations

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dressé un bilan de la journée de samedi. Quelque 125.000 manifestants ont ainsi défilé en France, lors de cet "acte 4" de la mobilisation des "gilets jaunes". "Il y a eu 1.385 interpellations, à l'heure où je vous parle, et ce chiffre va encore progresser. Il y a eu 975 gardes à vue et ce chiffre va encore progresser", a déclaré le ministre, aux alentours de 19h30. La semaine dernière, 136.000 manifestants avaient défilé. 

Des incidents à Bordeaux, Toulouse ou Marseille

Le cortège à Bordeaux, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, a dégénéré en fin de parcours sur la place face à l'Hôtel de Ville, où au moins une personne a été grièvement blessée. Lors d'affrontements violents avec la police, un homme jeune a été touché à la main, apparemment arrachée par une grenade. Une dizaine de personnes ont été interpellées. Le long de la cathédrale, les affrontements sont vite devenus violents, la place disparaissant sous les fumigènes et les gaz lacrymogènes qui rejetaient les passants dans les rues adjacentes.

Des incidents ont également éclaté à Toulouse, où 5.500 "gilets jaunes" ont défilé. Alors que trois manifestations étaient prévues dans la "ville rose", les "gilets jaunes, les participants à la Marche pour le climat et les personnels hospitaliers se sont retrouvés sur la même place. Mais très vite, les forces de l'ordre sont intervenues dans le cortège après avoir repéré des casseurs. 38 personnes ont été interpellées. La préfecture a annoncé 12 blessés, dont 4 policiers. 

Dans les rues de Marseille, 2.000 "gilets jaunes" ont défilé, avant de rejoindre pour certains une manifestation pour le climat qui a réuni 10.000 personnes, selon la police, qui a arrêté une douzaine de personnes lors d'échauffourées en fin de journée. Si la mobilisation s'est d'abord déroulé dans le calme, la situation s'est tendue dans l'après-midi, notamment quand des manifestants ont tenté d'approcher l'Hôtel de Ville. Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes. Les policiers ont également déployé des canons à eau sur le Vieux-Port. 

Des milliers de "gilets jaunes" ont envahi Lyon samedi, se mêlant le soir aux badauds et aux touristes venus pour la Fête des Lumières. Des heurts ont opposé manifestants et forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. A 20H, la préfecture recensait 23 interpellations, un blessé léger, côté forces de l'ordre, et deux très légers parmi les manifestants. 

Une quinzaine de rassemblements ont eu lieu dans les Alpes-Maritimes, comme à Nice, où près de 500 personnes ont défilé place Masséna derrière une grande banderole "Le peuple prend la parole". À Narbonne, dans l'Aude, 1.600 personnes se sont rassemblées dans le centre de la ville. 

Une semaine après l'incendie de la préfecture du Puy-en-Velay, plus de 1.500 personnes ont défilé dans le calme dans la ville de Haute-Loire. Une vingtaine de participants ont formé une chaîne humaine devant la préfecture et se sont agenouillés, les mains sur la tête, pour rappeler l'interpellation, jeudi, de 151 jeunes aux abords d'un lycée de Mantes-la-Jolie. Une initiative similaire à celle de manifestants bordelais.

À Saint-Étienne, près de 200 jeunes ont affronté les forces de l'ordre qui voulaient les empêcher d'accéder à la préfecture de la Loire, située en plein centre-ville. Aux jets de pierres et de bouteilles, les forces de l'ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes. Elles ont procédé à une vingtaine d'interpellations, a indiqué la préfecture. Une voiture de police a été renversée et incendiée à une cinquantaine de mètres de l'Hôtel de Ville, situé dans le même périmètre. Les gros bataillons de "gilets jaunes" - évalués officiellement à près de 2.000 personnes - sont arrivés dans le centre-ville alors que les affrontements étaient déjà bien engagés. 

La situation était également tendue à Grenoble, où un des leaders local du mouvement, Julien Terrier, a été interpellé et placé en garde à vue, au motif qu'il serait l'organisateur de la manifestation non autorisée se déroulant dans la ville, a indiqué la préfecture de l'Isère. Au total, c'est une quinzaine de personnes qui ont été interpellées dans le chef-lieu de l'Isère. Entre 500 et 1.000 manifestants étaient présents devant l'hôtel de Police, certains réclamant la libération de Julien Terrier, rapporte France 3 Alpes, qui relate également des jets de pavés, ainsi que des gaz lacrymogènes lancés par les forces de l'ordre. 

À Nantes, treize personnes ont été interpellées. Cinq policiers et trois manifestants ont été blessés au cours d'affrontements et de dégradations qui ont émaillé une manifestation de près de 3.000 personnes. Les vitrines de quatre magasins et du matériel urbain ont été dégradés

2.000 personnes se sont rassemblées à Lille, selon La Voix du NordEn Alsace, à Strasbourg, le cortège de 200 participants a été interdit de centre-ville, rapportent les Dernières nouvelles d'Alsace. Environ 200 personnes ont également été recensées à Clermont-Ferrand, selon France Bleu.

Édouard Philippe appelle à "retisser l'unité nationale"

Après cette nouvelle journée de mobilisation, le gouvernement est attendu au tournant. Le Premier ministre Édouard Philippe a estimé samedi qu'il fallait "retisser l'unité nationale" et qu'Emmanuel Macron allait proposer des "mesures" en ce sens. "Le président de la République s'exprimera. Il lui appartiendra de proposer les mesures qui viendront nourrir ce dialogue et qui permettront, je l'espère, à l'ensemble de la Nation française de se retrouver et d'être à la hauteur des enjeux qui sont déjà là et qui vont continuer à se poser dans les années qui viennent", a-t-il ajouté.

Marine Le Pen a, de son côté, demandé samedi à Emmanuel Macron des "réponses fortes" à la "souffrance sociale" exprimée par les "gilets jaunes". "Il faut qu'(Emmanuel Macron) prenne conscience de la souffrance sociale et y apporte des réponses très fortes et immédiates", a-t-elle affirmé à Bruxelles en marge d'un meeting sur le Pacte mondial sur les migrations.